L'enfant juif de Jarnac dont personne ne parle

12 Janvier 2016 | 51 vue(s)
Catégorie(s) :
Actualité

Dimanche 13 janvier 2019, le Crif a organisé un voyage de mémoire à Auschwitz-Birkenau. Ensemble, au cours de cette journée, nous avons honoré le devoir de mémoire qui nous incombe et sommes devenus les témoins des témoins.

L'historien Laurent Joly publie un nouvel éclairage sur la collaboration de la France occupée à la déportation des juifs. Une œuvre magistrale.

Le Crif souhaite un prompt rétablissement à Jean-Pierre Allali suite à son récent accident et espère le retrouver très vite en pleine forme.

Jeudi 6 septembre s'est tenue la cérémonie d'échange des vœux entre les responsables de la Communauté juive, la Maire de Paris Anne Hidalgo et la présidente du Conseil régional d'Ile de France Valérie Pécresse.

Jeudi 26 juillet, j'ai écrit au Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian afin de lui faire part de mon étonnement face à l'absence de mention d’Israël dans les déclarations du Quai d'Orsay suite à l'évacuation de casques blancs syriens.

Mercredi 25 juillet, j'ai adressé des courriers aux Présidents respectifs de la Fédération Française des Échecs et de la Fédération Française de Judo. L'objectif : mener à bien le combat pour l'égalité et contre la discrimination de toute nature.

Pages

Réaction à la célébration du 20ème anniversaire de la mort de François Mitterand

Ecrit par Dr Bruno Halioua le 12 Janvier 2016
 
13 février 1944, un enfant juif de 3 ans nommé Bertrand Metzler était exterminé à Auschwitz avec sa mère Thérèse âgée de 32 ans,  son frère Gilbert âgé de 11 ans et ses deux sœurs Suzanne âgée de 5 ans et Germaine âgée de 14 ans. Ils faisaient partie des 1229 personnes du convoi numéro 68 partit trois jours auparavant de Drancy qui ont été dirigés directement  vers la chambre à gaz aussitôt après leur arrivée sur la rampe tristement célèbre de Birkenau. Si cet enfant a retenu mon attention, c’est avant tout parce qu’il est né dans une petite ville de Charente nommé Jarnac le 19 janvier 1941.

L’anniversaire de la mort de Bertrand Metzler ne fera l’objet d’aucune commémoration, la maison où il a vécu heureux avec sa famille ne sera jamais transformée en musée et la municipalité n’a jusqu’à présent jamais jugé bon de donner son nom à une rue, à une place ou à un quai. Et pourtant  Bertrand Metzler est le plus jeune jarnacais victime de la Seconde Guerre Mondiale. Je me demande si il existe parmi les 5000 habitants de cette ville encore des gens qui se souviennent de l’arrestation de la famille Metzler originaire de Sarreguemines qui y était venu se réfugier dés 1940 au 39, rue Panel à environ 300 mètre de la maison où vivait la famille de l’illustre président de la république.

Interrogé par Jean- Pierre Elkabach au cours de l’entretien télévisé qui avait eu lieu  le 12 septembre 1994 sur sa connaissance des lois antijuives, François Mitterand avait expliqué qu’il était « à cent lieues de connaître ces choses là ».  Il avait peut- être raison car je suis persuadé que si il avait connu la famille Metzler, il n’aurait probablement jamais fait déposer une gerbe sur la tombe du maréchal Philippe Pétain et il n’aurait jamais jugé bon de donner à ses ministres « des consignes pour freiner des procédures judiciaires » sous prétexte que son devoir était « de veiller à ce que les Français se réconcilient ».

En voyant les images de sa tombe admirablement fleurie, je ne peux m’empêcher de penser que Bertrand Metzler aurait aujourd’hui 74 ans et qu’il serait probablement un grand-père heureux entouré des siens et probablement extrêmement attentif aux commémorations du 20ème anniversaire de la mort de celui qui est né dans la même ville que lui…