Virginie Guedj-Bellaïche

Journaliste-Blogueuse

Les territoires perdus de la République, 13 ans après

22 Octobre 2015 | 946 vue(s)
Catégorie(s) :
Antisémitisme

Quel est donc ce mouvement qui s'est vu offrir une tribune hier au journal télévisé de France 2 ?

Lundi 11 janvier, à Marseille, un jeune turc de 15 ans attaquait à la machette un enseignant juif portant une kippa. Une affaire qui devait provoquer une grande émotion, et qui a inspiré à Jérôme Fenoglio, le directeur du journal « Le Monde », un éditorial remarquable. En voici un extrait : « Ce mal, il faut le considérer pour ce qu’il est : le produit des noces mortelles entre djihadisme et antisémitisme. Le terrorisme fondamentaliste (…) reprend tous les stéréotypes du vieil antisémitisme européen, accommodé à la sauce de l’heure, mélange de théories du complot importées du Moyen-Orient et transportées par Internet ».

A force de tenir des raisonnements primaires, ami de Gôôôôche, tu es devenu primaire

Ce soir, jeudi 22 octobre, France 3 diffuse à 23h15 « Profs en territoires perdus de la République ? »

Article de Dr Bruno HALIOUA Secrétaire Général de l’AMIF (Association des Médecins Israélites de France)

"Une France antijuive ? "est le dernier livre de Pierre-André Taguieff. Marc Knobel rend hommage au talent et au courage de l'auteur à travers cette tribune.

Portrait de Invité
3 Questions à Marc Knobel
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17 Avril 2015
Catégorie : Antisémitisme

Les auteurs du Blog du Crif se prêtent à un exercice de questions réponses " 3 Questions à ..."

Marc Knobel historien- chercheur nous parle donc de son engagement dans la lutte contre l'antisémitisme.

Des centaines de tombes ont été profanées au cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), dimanche 15 février 2015, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué de presse

Neuf ans après l’assassinat d’Ilan Halimi, voici la « chronique d’une barbarie et de ses conséquences médiatiques, politiques et judiciaires »,  par Marc Knobel, historien, chercheur, directeur des Études du CRIF

 

Retour sur les événements qui sont intervenus en juillet 2014 et les manifestations propalestiniennes qui ont dégénéré.

L'antisémitisme est comme une bête particulièrement enragée et puante. Il rôde, nous ne le savons que trop bien...

L'antisémitisme : les causes d'un Mal qui s'aggrave.

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

"Dites-moi que ce furent des cauchemars, que le monde s'améliore de jour en jour, que des flammes de lumière jaillissent en chaque point du globe."

Article paru dans le HuffinghtonPost.fr

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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Ce soir, jeudi 22 octobre, France 3 diffuse à 23h15 « Profs en territoires perdus de la République ? »

Treize ans après la publication du livre « Les territoires perdus de la République », ce documentaire nous montre combien la situation n’a fait que se dégrader.
 
En 2002, la sortie du livre « Les territoires perdus de la République » aux Editions « Milles et une nuit » avait fait grand bruit. Je me souviens que la lecture de cette compilation de témoignages de professeurs qui racontait combien l’antisémitisme, le racisme et le sexisme gangrénaient le milieu scolaire, avait été pour moi un vrai choc. Fini le temps où l’enseignant était craint et respecté par les élèves et leurs parents, je découvrais que dans certains quartiers – ces fameux « territoires perdus de la République », expression rentrée dans le langage journalistique, il était devenu impossible d’enseigner la Shoah, de parler de la théorie de l’évolution ou même de faire un simple cours de Sciences naturelles sur la reproduction.
 
Treize après où en est la libération de la parole antisémitisme déclenchée après les attentats du 11 Septembre et amplifiée avec l’éclatement de la seconde intifada ? Malheureusement, elle se porte on ne peut mieux.  Pire, elle a laissée place à des actes d’une violence inouïe qui ont été autant de traumatismes pour la communauté juive : assassinat d’Ilan Halimi, meurtres perpétrés devant l’école Ozar Hatorah de Toulouse et à l’hyperCasher de la porte de Vincennes.
 
Il y a 13 ans, la publication du livre était un cri d’alerte. Nous sommes forcés de constater qu’il n’a pas été entendu. En écoutant les professeurs,  raconter dans leurs classes et leurs établissements les jours qui ont suivi l’attentat perpétré à Charlie Hebdo on mesure la fracture opérée entre ceux qui pensent que les dessinateurs ont été trop loin et nous, le reste de la communauté internationale bouleversé par cet attentat.
 
En regardant le générique de fin de ce documentaire, je me dis que l’école de la République française est malade. Diagnostiquée il y a 13 ans, la malade n’a fait l’objet d’aucun traitement de choc que nécessitait son état. Entre 2002 et 2015, l’école de la République - celle qui faisait la fierté des générations avant nous  - n’a cessé de se délabrer dans des coins de France.
 
Entre 2002  et 2013, Mohamed Merah, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly et Youssouf Fofana se sont assis sur les bancs de cette école de la République. Quels élèves étaient-ils ?  A quel moment ont-ils définitivement basculés ? La généralisation d’Internet, l’explosion des théories complotistes ont achevé de noircir ce tableau. Cette semaine, à l’occasion de la sortie du film ‘Mon roi’, Vincent Cassel était l’invité de Léa Salamé sur France Inter. Quand la journaliste lui demande ce qui a changé en banlieue depuis « la Haine », l’acteur répond « Il n’y avait pas de téléphone portable, pas d’internet, pas d’armes et pas l’islamisme radical ».
 
Le réalisateur de ce documentaire Georges Benayoun a mis un point d’interrogation à la fin du titre. Une façon de dire que le débat reste ouvert. A la fin du film, un professeur explique qu’il aime, malgré tout ça, être dans sa classe avec ses élèves. Une façon de dire qu’il n’a pas renoncé à enseigner. Et une invitation, pour nous tous à croire en la guérison de cette école en danger ?