Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Marche pour Mme Knoll : le Crif a fait son travail

02 Avril 2018 | 331 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Pages

Actualité

Il y a six ans, en mars 2012, à Montauban et Toulouse, sept vies ont été fauchées par un terroriste islamique, donc je me refuse à rappeler le nom.

Le 33ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 7 mars 2018.

Au théâtre de l'Atelier, Le livre de ma mère réveille les souvenirs et sublime la relation la plus sincère qui est donnée à l'homme de connaître.

Vendredi 23 février, j'ai rencontré Tomasz Młynarski, Ambassadeur de Pologne en France.

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

Pages

Antisémitisme

En tant que lecteur de la newsletter du Crif, bénéficiez d'un tarif préférentiel ! La place à 15 euros au lieu de 20 euros. Réservations par téléphone : 01 43 27 88 61 avec le code CRIF           

Hier, je me suis exprimé sur la récente vague d'antisémitisme qui secoue la France. J'ai demandé à l'ensemble de la communauté nationale de faire front contre la haine antisémite. J'ai également rappelé l'importance pour la justice française d'appliquer des peines suffisamment lourdes pour être dissuasives.

Il est des livres, comme une sève puissante, comme un volcan en éruption, comme le monde à portée de la main, comme la vie, qui remue de l’intérieur, qui secoue de l’intérieur et qui donne majestueusement à donner. Il est des livres que l'on veut lire et que l'on doit lire absolument.

 

Par Marc Lévy, avocat de la LICRA dans le procès de Reynald Leykens et délégué du Crif en Israel

Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 septembre à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée dimanche par le CRIF et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

Pages

 

 

La marche du 28 mars en mémoire de Mme Knoll a été suivie de critiques acerbes visant le Crif qui en était l’organisateur. Le président de la France insoumise et la présidente du Front National en avaient été exfiltrés par la police en raison de mouvements de foule hostiles. La responsabilité de cette exclusion fut attribuée à la décision du Crif d’interdire leur venue, alors même que le fils de Mme Knoll avait déclaré qu’il souhaitait que tous puissent être présents.

Or, Francis Kalifat, président du Crif, n’avait pas « interdit » à Marine Le Pen et à Jean-Luc Melenchon de participer à cette marche : il avait souligné qu’ils n’y seraient pas les bienvenus. La nuance est d’importance. Sur une photo souvenir de la manifestation, subliminalement  consensuelle,  leur image n’était pas souhaitable. Mais leur présence au milieu du public anonyme relevait de leur décision citoyenne. Il ne s’agissait pas d’une marche « blanche » compassionnelle: qui n’est pas horrifié par l’assassinat d’une vieille dame invalide ou par les attentats de Trèbes, s’exclut de notre société. Mais cette marche silencieuse avait un objectif politique, alerter la cité contre un antisémitisme qui s’étend, qui fait peur, qui tue et qui a trop été  tu pendant ces dernières années.

Comment obscurcir la clarté de ce combat qui est celui du Crif depuis qu’il a été créé en 1943, en laissant en tête de manifestation des dirigeants de partis où se réfugient beaucoup d’antisémites à la mode d’hier et beaucoup de négationnistes  de l’antisémitisme d’aujourd’hui?

Certes de nombreux dirigeants, militants et électeurs de ces partis ne sont pas antisémites. Mais les amitiés ou les complaisances avec d’authentiques antisémites laissent de lourdes ambiguïtés.

En France, en dehors du père Hamel, les seules victimes d’assassinats pour motifs religieux sont des Juifs, pointe d’un maelstrom de violences et d'insultes dont certaines font partie du quotidien d’une partie des Juifs de France. Le moteur de ces actes est univoque, c’est la propagande islamiste. Le moteur  du déni et de la minimisation de ces actes est également univoque, c’est l’israélophobie dont une partie de notre société considère  qu’il s’agit d’un viatique pour se placer dans le camp du bien. Le Mouvement des Insoumis a largement puisé dans le réservoir de complaisance qu’offrent les concepts piégés d’antisionisme et de lutte contre l’islamophobie. La polémique actuelle l’incitera peut-être à réfléchir à ses surprenantes alliances. Elle serait alors loin d’être inutile.

Quant au Front National, il n’a pas eu de part dans les violences contre les Juifs au cours de ces dernières années et sa présidente a rejeté  les allusions antisémites ignobles qui ont rendu le nom de son père odieux. Mais un Juif ne peut accepter un discours qui conduit à stigmatiser certains groupes d'individus pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils font.

Les manifestations d’hostilité envers Marine Le Pen et Jean Luc Melenchon ont pris un caractère regrettable. La première a pâti de son nom alors que le passé de Mme Knoll était dans les mémoires. Le second a subi les attaques verbales de militants de la LDJ dont l’importance est surestimée pour le faire passer en équivalent juif de l’islamisme radical. Faire croire que ce mouvement est un pseudopode du Crif est un stupéfiant mensonge : tous les présidents du Crif depuis une vingtaine d’années ont été trainés dans la boue par ce groupuscule.

Nous sommes avides à juste titre de paix civile et de fraternité, même si nous percevons mieux les limites du « vivre ensemble » quand les slogans mettent un anesthésique trompeur sur les plaies de notre société. La nécessaire décision du Crif ne pouvait pas être populaire. Elle témoigne de la situation  sans la colorer par des lunettes roses. Cette attitude a valu au Crif les critiques des idéologues les plus engagés et des optimistes les plus angéliques. Si on y ajoute les jalousies, les ignorances et les doutes devant la déferlante des critiques, la position de président du Crif n’est pas confortable. L’ayant exercée, j’ai un peu appris sur les déclarations qui génèrent l’approbation et la désapprobation du résonateur médiatique, dont l’avis, qu’on s’en réjouisse ou non, porte loin. Mais en faire son fil directeur eût été une tentation dangereuse. L’exigence de lucidité n’exclut pas des maladresses, mais elle permet  des avertissements  lucides quand la société préfère fermer les yeux sur la triste réalité du « nouvel" antisémitisme. Comme un symbole,  la marche du 28 mars a eu lieu la veille du procès en appel de Georges Bensoussan, à qui certains ne pardonnent pas d’avoir été dirigé le livre des « territoires perdus de la République », qui mettait dès 2002 le doigt sur la haine anti juive et anti française qui contamine une partie de la jeunesse de notre pays. 

Casser un thermomètre ne soigne pas une fièvre.

Richard Prasquier

Nos réseaux sociaux en direct

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.