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05 Décembre 2022

Actualités des Régions - Crif Bordeaux-Aquitaine : Rencontre avec Annette Wievorka

C'est à l'initiative du Crif Bordeaux-Aquitaine qu'a eu lieu, jeudi 24 novembre, à l’ Espace Beaulieu à Bordeaux, une conférence avec Annette Wievorka autour de son dernier livre « Tombeaux », Prix Femina 2022. La rencontre s'est conclue par une séance de dédicaces de l'auteur.

Albert Massiah, Président du Crif Bordeaux-Aquitaine a tout d’abord remercié l’autrice d’avoir bien voulu passer ce moment avec nous, Il a également remercié pour leur présence Olivier Escot adjoint au Maire de Bordeaux  en charge des missions mémorielles et de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, les représentants d’ associations (B’nai B’rith Comité Aristide Sousa Mendes, UEJF) et a salué la présence d’ une classe de terminale du lycée Saint Genès avec son professeur et ses étudiants.

Cette conférence s’est inscrite dans le cadre de la quinzaine de la diversité et de l’égalité de la ville de Bordeaux. Annette Wievorka mondialement reconnue comme historienne de la Shoah est directrice de recherche honoraire au CNRS.

Son livre « tombeaux » a reçu le prix Femina dans la catégorie Essai. Jean Peteaux, politologue et ancien directeur de la communication de Sciences Po Bordeaux et Albert Massiah ont alternativement posé des questions l’un sur la dimension   historique, l’autre sur la dimension personnelle du récit.

Annette Wievorka a d’abord répondu sur son choix du titre en expliquant qu’un tombeau, à l’époque de la renaissance, est un texte littéraire dédié à la mémoire d’un défunt et qu’il peut être aussi (comme le lui a appris le musicien Frédéric Casadessus au cours d’une interview) une pièce musicale à même vocation.

C’est donc d’abord un texte à la mémoire de ceux de sa famille qui sont morts sans descendance, « sans trace » à « une branche qui n’a donné ni fruit ni fleur », puis à la mémoire de tous les siens et par extension à celle de tous ceux qui ont été anéantis dans la Shoah.

Historienne Annette Wievorka a bénéficié d’archives et de la mémoire de témoins.

Après son retour de Chine, en 1976 elle avait déjà pour projet d’écrire sur Wolf Wievorka, son grand-père journaliste, écrivain, et un des derniers témoins de la vie Yiddish du Paris des années 20 à 40.  Pendant 40 ans elle a glané des archives, des témoignages en posant des questions notamment à son père pour restituer sur un ton intime des souvenirs directs ou indirects de sa famille. Ses grands-parents sont immigrés de Pologne, avides de liberté et désireux de s’inscrire dans une vie meilleure. Ils seront malmenés par l’Histoire.

Le livre plonge le lecteur dans une période incertaine, inquiétante mais imprévisible qui empêche tout être de pouvoir faire des choix décisifs.

La conférence a été clôturé par un moment musical : Judith Nemtanu a interprété au violon quelques morceaux du patrimoine de la bibliothèque Vernaski de Kiev.

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Mireille Levy