Bruno Halioua

Président de la Commission Souvenir du Crif

Blog du Crif - Hommage à Ady Steg, un Mensch

12 Avril 2021 | 228 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Lundi 20 novembre, j'ai rencontré le Président français Emmanuel Macron à Paris, accompagné d'une délégation du Congrès Juif Européen (EJC).

La semaine dernière, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) proposait dans sa newsletter et sur ses réseaux sociaux un contenu qui a fait polémique.

Mon discours prononcé au dîner du Crif Grenoble-Dauphiné, le 22 octobre 2017.

Mon discours à la cérémonie d'hommage aux Juifs engagés volontaires qui s'est tenue le 15 octobre 2017 au cimétière de Bagneux.

Pages

Actualité

En tant que lecteur de la newsletter du Crif, bénéficiez d'un tarif préférentiel ! La place à 15 euros au lieu de 20 euros. Réservations par téléphone : 01 43 27 88 61 avec le code CRIF           

"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

Dans leur numéro de janvier, le magazine Youpi, destiné aux enfants de 5 à 8 ans, a clairement laissé entendre à ses jeunes lecteurs qu' "Israel n'était pas un vrai pays".

"Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe…"
 

 

En juin 2017, quelques mois après l'assassinat de Sarah Halimi, Francis Kalifat, Président du Crif, publiait cette tribune en hommage à Sarah Halimi, devenue le triste symbole de l'antisémitisme qui tue. 

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
|
03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

Francis Kalifat, the Crif President gave a speech at the annual Crif's dinner 2017. 

Le judaïsme indien est assez méconnu en France. Pourtant, il est d'une implantation millénaire. Il y avait environ 35 000 Juifs aux Indes lors de la création de l'État d'Israël

Pages

Opinion

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

Pour comprendre cet accord entre l’Iran et les grandes puissances sous la direction stratégique des USA, il faut essayer de comprendre la nouvelle politique internationale de l’administration américaine

Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

Pages

Le professeur Ady Steg, un Mensch, un grand médecin, vient de nous quitter à l’âge de 96 ans. Membre fidèle de l’AMIF depuis sa fondation en 1952, il était membre de son Comité d’Honneur. 

Ady Steg est arrivé à Paris à l’âge de 7 ans avec sa famille sans parler un mot de français, dans un train venant de Slovaquie. Il m’a relaté qu’il a ressenti un sentiment de joie en voyant à travers la fenêtre de son wagon le panneau indicateur indiquant « Paris Est » après avoir traduit naïvement « À Paris on Mange » (En yiddish “Est” signifie "Manger").

Ady Steg est un pur enfant de l’école de la République. Il a bénéficié de l’excellent enseignement de ces instituteurs qui oeuvraient résolument, obstinément, pour attirer les enfants vers la lumière du savoir sans œillères. Très rapidement, il a été subjugué par la France comme il l’a déclaré par la suite "en quelques mois, les Gaulois étaient devenus mes ancêtres, et je vivais la même émotion que mes camarades avec Roland à Roncevaux, Charlemagne à Reims ou Jeanne d'Arc à Domrémy". Ady Steg est très rapidement devenu un excellent élève d’abord à l’école des Hospitalières Saint-Gervais puis au lycée Voltaire.

Il m’a relaté le sentiment qu’il a ressenti le jour où il s’est rendu au lycée Voltaire porteur pour la première fois de la tristement sinistre étoile jaune imposé à tous les Juifs en Zone Occupé en juin 1942. Son arrivée dans la classe a alors suscité à sa grande satisfaction une vague d’émotion et de consternation chez ses condisciples qui ignoraient qu’il était Juif. Le professeur de lettres, de français, M. Binon a eu alors une attitude admirable. Il a fait son cours ce jour là sur un texte de Montesquieu qui s’intitule « De la tolérance ». A ses yeux, ce professeur représentait ce qu’il y avait de plus beau dans la France républicaine et humaniste.

Dans les semaines qui ont suivi, il a échappé miraculeusement à la rafle du Vel’ d’Hiv, le 16 juillet 1942 à Paris. Il a traversé clandestinement la ligne de démarcation avec sa petite sœur avec de faux papiers et grâce à un passeur. Ils se sont fait arrêter le 13 août 1942, par la police française pour "usage de faux papiers". Il a été interné deux mois et demi à la prison Saint-Paul de Lyon.

Le 27 octobre 1942, à sa sortie, il a été caché par le réseau de sauvetage mis en place par l’Abbé Glasberg qui animait les Amitiés chrétiennes auprès du Cardinal Gerlier. Il s’est ensuite engagé dans la Resistance au sein des FFI de Sarlat, puis du 3ème Bataillon d'Armagnac dans le Gers.

A la Libération, il a fait partie de cette génération de jeunes juifs qui ont œuvré obstinément à la reconstruction de la Communauté juive parallèlement à la poursuite de ses études de médecine. Il est devenu Interne des Hôpitaux de Paris en 1953, puis Chef de Clinique en Urologie. Il a mené une brillance carrière hospitalo-universitaire en chirurgie malgré les nombreuses manifestations antisémites qui persistaient encore dans les hôpitaux dans les années d’Après Guerre.

Doté d’une volonté hors du commun, d’une intelligence hors norme et d’une force de travail exemplaire, Ady Steg a franchi chacune des étapes de ce parcours si difficile et il est devenu titulaire de la prestigieuse chaire d’urologie de l’hôpital Cochin dont la réputation est mondiale. C’est ainsi que l’enfant d’un Shtetl, du fin fond des Carpates, a été choisi pour opérer deux présidents de la République.

Ady Steg était un exemple pour tous les médecins juifs pour sa simplicité et sa modestie. Il était membre de l'Académie de Chirurgie et de l'Académie Nationale de Médecine. Il était fidèle à l’esprit de Maimonide qui disait que celui qui dispose d’une influence sur une personne de pouvoir après l’avoir soignée ne doit pas se pavaner et s’en servir pour son intérêt personnel. Comme Maimonide, cette proximité avec les hommes de pouvoir a été mise à contribution pour aider la communauté juive. A ce titre, il est un modèle pour nous tous. Fidèle à cet état d’esprit, ses élèves les professeurs Marc Zerbib et Bernard Lobel (Zal) ont  poursuivi avec brio leur engagement communautaire de manière admirable et exemplaire.

Ady Steg était un véritable humaniste et un Juif engagé. Il a présidé le Crif de 1970 à 1974 et de l’Alliance Israélite Universelle de 1985 à 2011. Il a été aussi le Vice-Président de la mission d'étude sur la spoliation des Juifs de France (mission Mattéoli), qui a joué un rôle important dans la création de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Ce grand médecin, ce Mensch a eu un parcours professionnel, personnel, moral, spirituel, en profonde harmonie avec sa famille et en particulier avec son épouse Gilberte qui l’a épaulé tout au long de leur vie commune. Le destin d’Ady Steg, fait honneur à la Communauté Juive et à la Nation toute entière. Au nom de l’AMIF j’adresse mes sincères condoléances à sa femme, à notre ami Philippe Gabriel, à Jean Michel, à ses belles-filles et à ses petits-enfants.