Bruno Halioua

Président de la Commission Souvenir du Crif

Blog du Crif - La mémoire des enfants du Ghetto de Varsovie (1)

15 Avril 2021 | 189 vue(s)
Catégorie(s) :
Actualité

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"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

Dans leur numéro de janvier, le magazine Youpi, destiné aux enfants de 5 à 8 ans, a clairement laissé entendre à ses jeunes lecteurs qu' "Israel n'était pas un vrai pays".

"Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe…"
 

 

En juin 2017, quelques mois après l'assassinat de Sarah Halimi, Francis Kalifat, Président du Crif, publiait cette tribune en hommage à Sarah Halimi, devenue le triste symbole de l'antisémitisme qui tue. 

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

Francis Kalifat, the Crif President gave a speech at the annual Crif's dinner 2017. 

Le judaïsme indien est assez méconnu en France. Pourtant, il est d'une implantation millénaire. Il y avait environ 35 000 Juifs aux Indes lors de la création de l'État d'Israël

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Opinion

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

Pour comprendre cet accord entre l’Iran et les grandes puissances sous la direction stratégique des USA, il faut essayer de comprendre la nouvelle politique internationale de l’administration américaine

Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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Le 19 avril, comme chaque année nous commémorons l’anniversaire du soulèvement du Ghetto de Varsovie. C’est l’occasion d’honorer la mémoire des hommes, des femmes et des enfants qui ont été exterminés. Dans ces chroniques avons voulu rappeler le souvenir des 100 000 enfants du Ghetto de Varsovie qui ont été tué à travers ces photographies emblématiques.

 

Les deux petites filles qui jouent dans le Ghetto de Varsovie

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Crédit photo (c) : Yad Vashem Photo Archives FA 36/2069

 

Comment ne pas être ému en voyant cette photographie de cette petite fille en train de chuchoter un secret à sa copine ?

On ressent une forte complicité entre ces deux petites filles âgées de 4 ans. L’une dispose d’une pelle et l’autre porte un petit sceau. La petite fille qui a un petit ruban soigneusement noué dans ses cheveux  regarde vers le ciel. A quoi pense t-elle ? D'autres enfants en arrière plan s’amusent également à faire des « patés ». On aperçoit deux mamans également qui surveillent leurs enfants. Cette scène se déroule dans une partie de  la cour d’un immeuble situé dans le Ghetto de Varsovie au 127 rue Leszno qui a été aménagé en espace de jeu pour les enfants. 

L’architecture particulière des logements du ghetto, construits autour d’une cour (hoyf), favorise considérablement l’établissement de liens de solidarité entre les habitants. Avant la guerre, la hoyf était un microcosme de la vie juive de Varsovie juive. Il y avait un enchevêtrement d’ateliers, avec des logements en sous-sol pour les plus pauvres, et des appartements plus spacieux dans les  étages supérieurs. Au sein du Ghetto, les habitants de  ces immeubles prennent l’initiative de se réunir entre colocataires après le couvre-feu dans la cours pour discuter du cours de la guerre ou pour se remonter le moral. Au sein de chaque immeuble, il est créé un comité d’immeuble afin de mettre en place des actions de solidarité. Ces comités, qui existent dans chaque grand immeuble, organisent des repas, des distributions de vêtements ou d’articles de puériculture et des garderies.  C’est justement dans l’une de ces Hoyf qu’a été prise cette photographie car les enfants juifs du Ghetto ne disposent d’aucun espace vert. Les autorités d’Occupation en ont établi le tracé en prenant soin de n’y intégrer ni jardin ni parc. Le 18 mai 1942, Abraham Lewin exprime sa frustration dans son journal : « Il est impossible de prendre plaisir à contempler la nature, la beauté du monde de Dieu » Un habitant du ghetto rapporte que les enfants « ne savaient rien des animaux et des plantes. Ils ne savaient même pas à quoi ressemblait une vache».

Pendant l’été 1941, certains installent ces jardins d’enfants sur des parcelles de cours ou des toits en jardins rudimentaires dont l’accès est payant. Les habitants prennent plaisir à se rendre dans ces lieux de convivialité. Mary Berg évoque le sentiment d’évasion qu’elle éprouve lorsqu’elle se rend sur l’une de ces toitures afin de profiter du soleil. « L’air est pur […] et je pense au vaste monde, à des terres lointaines, à la liberté. »

Certains débrouillards font payer ces « espaces de liberté » ce qui suscite l’indignation d’Emmanuel Ringelblum car il considère que cela contribue à accroître le clivage social au sein du ghetto : « Certaines cours ont été transformées en restaurants de plein air. D’autres ont été louées pour servir de terrains de jeux pour enfants. Seuls les gosses des riches peuvent en bénéficier, car le prix est de 30-40 à 70 zlotys par mois. Les enfants pauvres ne voient jamais de verdure. L’air frais lui aussi est mis en vente ! ».

Les parents de ces deux petites filles ont-ils payé pour qu’elles puissent profiter de ce jardin d’enfants ? Il est impossible de le savoir. Qu’importe. Cette photographie suscite une émotion particulière quand on sait qu’il s’agit de leurs derniers moments d’insouciance  avant leur extermination à Treblinka comme pratiquement les 100 000 enfants du Ghetto de Varsovie …

 

Bruno Halioua

Pour en savoir plus: Les 948 jours du ghetto de Varsovie. Bruno Halioua. Ed Liana Levi. 253 pages. mars 2018.