Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Blog du Crif - Le 11-Septembre : 20 ans après…

10 Septembre 2021 | 19 vue(s)
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Actualité

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

Francis Kalifat, the Crif President gave a speech at the annual Crif's dinner 2017. 

Le judaïsme indien est assez méconnu en France. Pourtant, il est d'une implantation millénaire. Il y avait environ 35 000 Juifs aux Indes lors de la création de l'État d'Israël

Johnny est malade. Oui, le grand Johnny. Lundi, la fille de Johnny Hallyday avait annoncé que son père souffrait d'un cancer avant de crier au piratage de son compte. Ce mercredi soir, c'est finalement le chanteur lui-même qui prend soin d'envoyer un mot sur Twitter pour rassurer ces fans. Si on lui a dépisté « des cellules cancéreuses » pour lesquelles il est « traité », il assure être confiant sur son suivi. "Mes jours ne sont pas aujourd'hui en danger, rappelle L’Express du 9 mars.

Cela paraîtra peut-être étrange à certains de mes lecteurs, mais j’aime Johnny, j’aime son timbre de voix, j’aime aussi certaines de ces chansons, je suis presque, presque un fan.

Pourquoi dans cette affaire, est-ce Bensoussan qui seul est poursuivi en justice et non pas simultanément Smaïn Laacher ?

 
"La culture est ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers", déclarait André Malraux. C'est pour toutes ses vertus que la culture est grande et qu'elle reste et doit rester un rempart contre l'obscurantisme, le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie. De chaque création artistique doit jaillir une lumière. C'est à cela que doit aspirer chacun de ceux qui ont le bonheur de pouvoir créer ou d'interpréter une oeuvre. 

 

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

L’Amitié judéo-chrétienne de France - dont plusieurs militants du Crif sont membres du Comité Directeur - a tenu dimanche 29 janvier son Conseil national, l’occasion pour nous de donner quelques nouvelles du front du dialogue.

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Opinion
Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

On ne le dira jamais assez : la parution d’ouvrages de poésie, en général et dans le domaine juif en particulier est devenue assez rare pour qu’on ne salue pas avec plaisir la sortie d’un nouveau recueil. Dans ce nouveau livre, la peintre et poétesse Sarah Mostrel nous offre un ensemble de textes inspirés de la Bible et des textes fondamentaux du judaïsme.

Remi Huppert est un spécialiste des Juifs de Chine. On lui doit notamment Destin d’un Juif de Chine (1). Dans son nouveau roman, le judaïsme est toujours présent.

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

Je me suis exprimé sur les enjeux de l'élection présidentielle pour la communauté juive française.

Portrait de Stéphanie Dassa
Documentaire Sauver Auschwitz
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23 Janvier 2017
Catégorie : Opinion

"Sauver Auschwitz ?" un documentaire diffusé le 24 janvier à 22h40 sur Arte 

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

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C’était dans un hôtel de Kiev, il y a vingt ans. Nous rentrions d’une visite à Babi Yar et nous faisions le debriefing d’un voyage du Joint en Ukraine, quand un homme a déboulé dans la pièce en criant en hébreu « Kara Ason ! ». Il est arrivé un malheur ! Et nous avons allumé la télévision…

Aujourd’hui, l’empilement des cadavres des Juifs fusillés dans le ravin de Babi Yar un jour de Rosh Hachana, il y a exactement 80 ans, et l’effondrement de la Tour à New York, il y a exactement 20 ans, se télescopent encore dans mon esprit.

Il y a eu à Babi Yar en deux jours, 34 000 victimes en 1941, treize fois plus qu’à New York en 2001.  Le massacre  resta ignoré jusqu’au poème de Evgueni Evtouchenko en 1961, repris dans la 13ème symphonie de Chostakovitch. Hommage à ces deux hommes qui n’étaient pas Juifs et dont l’oeuvre fut censurée par le régime soviétique d’alors.

Les attentats du 11-Septembre sont probablement l’événement de l’histoire dont la médiatisation en direct a été le plus intense. Cela est lié non seulement à sa gravité, mais à son lieu de survenue, au centre du capitalisme mondial, dans cette hyperpuissance américaine absolument sans rivaux à l’époque. Cela est lié aussi à ces images télévisées hypnotisantes qui présentent l’horreur de façon en quelque sorte aseptisée: l’avion qui se jette dans la tour qui va s’effondrer, des personnages indistincts qui se précipitent dans le vide, sans qu’on voit de débris humains carbonisés ou disloqués, ni le visage de ceux qui vont mourir.

Et puis, le temps est passé…

En vingt ans, la technique photographique a évolué, et le voyeurisme aussi. Daech a transformé les scènes de décapitation en spectacle pour des amateurs qui sont devenus des recrues. Ben Laden était dépassé.

Après le 11 septembre, chacun se sentait Américain. Pourtant six mois plus tard, le livre de Thierry Meyssan, « l’Effroyable imposture », qui attribuait les attentats au complexe militaro-industriel et au Mossad, fut un grand succès, malgré ou plutôt grâce à l’absurdité de ses thèses. Cette théorie du complot, d’une époque d’avant les réseaux sociaux, continue de faire des ravages vingt ans après.

Et qui aurait imaginé que l’histoire puisse bégayer à ce point ? Voici le retour des Talibans en Afghanistan, d’où ils avaient été chassés quand le mollah Omar a refusé de livrer Ben Laden aux Américains. Voici le projet de Durban 4 à l’ONU, en souvenir de l’ignoble conférence  qui eut lieu quelques jours avant les attentats, et qui aboutit à une diabolisation d’Israël. Voici la tentative du fils Massoud de lutter contre les talibans dans le Panchir qui fait écho à l’assassinat de son père le 9 septembre 2001.

Le futur du terrorisme islamiste ne sera pas une répétition du passé. Il utilisera les menaces qui pèsent sur le monde moderne, auxquelles nous évitons souvent de penser. L’archaïsme de la pensée djihadiste s’accommode avec l’inventivité technologique et avec la subtilité diplomatique.

Car si les talibans d’hier ne s’appuyaient que sur une géographie difficile, des traditions tribales et un financement de la péninsule arabique, ceux d’aujourd’hui sont soutenus par le Pakistan, la Russie, la Chine, l’Iran, le Qatar et la Turquie, excusez du peu. Nous devons compter sur ces six pays pour brider leurs velléités terroristes, mais  ils agissent en fonction de leurs propres intérêts et ceux-ci les poussent en général à affaiblir les rivaux occidentaux.

Quant à croire que les talibans ont changé, qu’ils vont tenir leurs promesses d’inclusivité, il suffit d’apprendre leurs décisions, de lire leurs déclarations, de regarder leur propagande pour constater que rien n’évoque la modération.

L’Occident a abandonné l’idée de faire évoluer la société afghane, mais il se cramponne à l’espoir que le pays ne servira plus de protection, de base de repli et d’entrainement à une organisation djihadiste à visée internationale. Et le spectre du 11-Septembre refait surface.

Les liens avec Al Qaida des dirigeants afghans d’aujourd’hui sont très profonds. Leur proximité idéologique est totale et la menace d’exportation du djihad à l’étranger, à condition que ce ne soit pas chez les pays amis, pourrait être utilisée comme une arme diplomatique.

Al Qaida, vingt ans après le 11 septembre, n’est certes que l’ombre de ce qu’elle a été, mais elle reste une franchise recherchée comme en témoigne sa filiale AQMI au Sahel, qui aura de beaux jours avec le retrait de la France. Et d’autres mouvements djihadistes ont défrayé l’actualité depuis le 11 septembre 2001.

Ben Laden croyait qu’il suffirait de frapper les Etats-Unis pour les disloquer, parce qu’il pensait que c’était la victoire de l’Islam contre les Russes, suivie de leur retrait de l’Afghanistan, qui avait entrainé la dissolution de l’Union Soviétique.

Ben Laden a échoué, mais vingt ans après, les islamistes voient de nouveau en la défaite de leurs ennemis en Afghanistan, l’annonce du désengagement américain, un prélude à la victoire de l’Islam.

Quant à l’Occident, à garder les yeux exclusivement fixés sur la résurgence d’une organisation djihadiste qui lui rappelle des souvenirs tragiques, mais qui n’est pas parvenue à l’abattre, il risque de les détourner du danger plus insidieux mais plus vraisemblable d’une version plus policée de l’islamisme, comme celle des Frères Musulmans, aussi hostile, mais plus hypocrite que celle des auteurs des attentats du 11-Septembre.

Richard Prasquier

 

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