Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Blog du Crif - Pass sanitaire, pass nazitaire. Bêtise ou problème de civilisation?

21 Juillet 2021 | 161 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Lundi 20 novembre, j'ai rencontré le Président français Emmanuel Macron à Paris, accompagné d'une délégation du Congrès Juif Européen (EJC).

La semaine dernière, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) proposait dans sa newsletter et sur ses réseaux sociaux un contenu qui a fait polémique.

Mon discours prononcé au dîner du Crif Grenoble-Dauphiné, le 22 octobre 2017.

Mon discours à la cérémonie d'hommage aux Juifs engagés volontaires qui s'est tenue le 15 octobre 2017 au cimétière de Bagneux.

Pages

Actualité

Il y a six ans (ndlr. : cet article a été rédigé en mars 2018), en mars 2012, à Montauban et Toulouse, sept vies ont été fauchées par un terroriste islamique, donc je me refuse à rappeler le nom.

Le 33ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 7 mars 2018.

Au théâtre de l'Atelier, Le livre de ma mère réveille les souvenirs et sublime la relation la plus sincère qui est donnée à l'homme de connaître.

Vendredi 23 février, j'ai rencontré Tomasz Młynarski, Ambassadeur de Pologne en France.

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

En tant que lecteur de la newsletter du Crif, bénéficiez d'un tarif préférentiel ! La place à 15 euros au lieu de 20 euros. Réservations par téléphone : 01 43 27 88 61 avec le code CRIF           

Pages

Opinion

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Techouva, de Frédéric Lauze.

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Dina Porat, Le Juif qui savait Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d’Abba Kovner, 1918-1987.

"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
|
03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

On ne le dira jamais assez : la parution d’ouvrages de poésie, en général et dans le domaine juif en particulier est devenue assez rare pour qu’on ne salue pas avec plaisir la sortie d’un nouveau recueil. Dans ce nouveau livre, la peintre et poétesse Sarah Mostrel nous offre un ensemble de textes inspirés de la Bible et des textes fondamentaux du judaïsme.

Remi Huppert est un spécialiste des Juifs de Chine. On lui doit notamment Destin d’un Juif de Chine (1). Dans son nouveau roman, le judaïsme est toujours présent.

Pages

Dans une manifestation contre le pass sanitaire on pouvait lire: « Prochaine étape, la rafle des non-vaccinés ». Le crétin qui arborait cette pancarte savait-il que le lendemain aurait lieu la cérémonie  en hommage aux victimes des rafles du Vel d’Hiv ? Connaissait-il le destin de ceux qui furent raflés et imaginait-il que son sort à lui pourrait être analogue ? A-t-il été surpris, ou honteux, ou narquois devant l’indignation de Joseph Schwartz, qui, montrant une feuille représentant une étoile jaune marquée de la mention « sans vaccin » a dit, que l’étoile jaune, lui, il  savait ce que c’était, car il l’avait dans la chair ?

Il est inutile, ici, de souligner la différence entre étoile jaune et pass sanitaire. Pass sanitaire, pass nazitaire: pour le plaisir de la rime, on invente un mot et on écrit une ignominie.

Est-ce que cela prouve, comme certains le disent, que l’enseignement de la Shoah a été défaillant ? Je ne crois pas. 

Je pense que le problème est plus profond. Comparer le pass sanitaire à l’étoile jaune, c’est s’engager dans des « faits alternatifs ». La conseillère de Trump qui avait lancé l’expression pour justifier un mensonge sur le public présent à la cérémonie d’investiture entérinait une pratique déjà décrite par George Orwell dans son maître-livre, 1984. Sous la caution  des philosophes post-modernistes, la réalité virtuelle, l’accès généralisé à des informations non contextualisées et l’entre-soi des réseaux sociaux ont légitimé  les fantasmes complotistes et abouti à la notion de post-vérité. Au siècle dernier, les mensonges étaient collectifs, publicitaires ou idéologiques, mais prétendaient refléter une vérité qualifiée de scientifique. Aujourd’hui, c’est la notion même de vérité qui a explosé. Ce qui est vrai, c’est ce qui m’apporte du sens ou qui m’est utile, à moi ou au groupe dont je me revendique.

Dans ce cadre, la comparaison abjecte avec l’étoile jaune charrie une signification plus complexe.

Si la Shoah reste le crime qui permet d’étalonner les dangers que l’on court soi-même, elle ne sert qu’à obtenir un statut de victime et revendiquer la liberté, une liberté pervertie car dissociée de toute responsabilité. Quant à la référence  au nazisme, ce que le philosophe Leo Strauss a appelé la « reductio ad Hitlerum », c’est un procédé utilisé  pour disqualifier I’adversaire, dont le Président Macron est aujourd’hui la cible. En outre, en creusant un peu, on décèle aussi une jalousie envers ces Juifs qui ont si bien utilisé -j’allais dire monnayé- leur statut de victimes, et par voie de conséquences une relativisation de la Shoah, qui, justement parce qu’on peut la comparer à une situation actuelle, n’aurait pas été l’horreur unique que l’on prétend.

La boucle alors se referme. Les propagandistes anti-israéliens ont compris que parler du « génocide » des Palestiniens permettait de marteler que leur sort était épouvantable, mais aussi de suggérer que les Juifs  exagéraient les crimes de  la Shoah à des fins utilitaires, et de renverser leur privilège mémoriel insupportable. Le «pass nazitaire», du seul fait que l’on se permet de l’évoquer, porte atteinte à l’histoire de la Shoah, au même titre que le « Gazacauste » qui assimile 220 morts pour la plupart combattants et six millions de victimes et permet de transformer les Israéliens en nazis tout en minimisant subrepticement les crimes des nazis à l’égard des Juifs.

Mais il y a plus : ceux qui comparent l’étoile jaune au pass sanitaire dynamitent aussi la langue car les mots perdent leur sens dans de telles analogies.

Il y a des gens pour les excuser « Oui, c’est ainsi que l’on parle aujourd’hui, par hyperbole, par exagération, ce n’est pas grave… ». Ce sont les arguments allégués par leurs avocats à propos des tweets monstrueux des harceleurs de Mila.

Apprendre à l’école  que le langage sert à échanger, à débattre et à raisonner et pas à éructer, insulter et mélanger. C’est un difficile programme, mais c’est un enjeu de civilisation. Est-il encore temps ?

Richard Prasquier