Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Blog du Crif - Réflexions sur le billard électoral israélien

24 Mars 2021 | 47 vue(s)
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Israël

Réflexion d’un professeur d’histoire-géographie sur l’abstention de la France au vote de la résolution adoptée par le comité du patrimoine mondial de l’Unesco niant tous liens entre les Juifs et les lieux saints de Jérusalem.

Vendredi 21 octobre j'étais l'invité témoin du journal de Radio J peu après le vote abérrant à l'Unesco d'une résolution sur Jérusalem

FOR JERUSALEM NO VOICE MUST MISS
FOR JERUSALEM NONE OF US CAN REMAIN SILENT

POUR JERUSALEM PAS UNE VOIX NE DOIT MANQUER
POUR JERUSALEM AUCUN D’ENTRE NOUS NE PEUT SE TAIRE
 

 

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Un ouvrage sympathique et émouvant à découvrir.

Une grande passion pour Israël et pour le peuple juif.

I was interviewed in English and French, on EJP , Tuesday, May 31, 2016.

J'ai été interviewé, en anglais et en français, sur EJP, mardi 31 mai 2016.

J'ai été interviewé par Marc-Olivier Fogiel et Eléanor Douet, sur RTL, lundi 30 mai 2016, à la suite de mon élection à la Présidence du Crif.

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

 
Lors d’une allocution devant le Conseil de sécurité, Rafael Ramirez, représentant du Venezuela auprès des Nations-Unies, a lancé… « Qu’est-ce qu’Israël a l’intention de faire avec les Palestiniens ? Vont-ils disparaître ? Est-ce qu’Israël cherche à imposer une Solution finale sur les Palestiniens ? » 
 

Décryptage.

 

A Noël, les journaux français qui ont imputé aux Israéliens les difficultés des chrétiens à Bethléem ont passé sous silence l'attaque du Patriarche latin de Jérusalem par des émeutiers palestiniens musulmans dans la ville natale de Jésus. Une différence de couverture lourde de sens dans la période de Noël chargée de symboles.

A Noël, les journaux français qui ont imputé aux Israéliens les difficultés des chrétiens à Bethléem ont passé sous silence l'attaque du Patriarche latin de Jérusalem par des émeutiers palestiniens musulmans dans la ville natale de Jésus. Une différence de couverture lourde de sens dans la période de Noël chargée de symboles.

D'abord on critique, puis on dénie et pour finir on adopte. Laissons le temps au temps.

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Six millions et demi d’Israéliens sont probablement allés aux urnes. A comparer aux 500 000 électeurs, 13 fois moins, de la Knesset de 1949.

En mars 2021, c’est la France qui aurait dû voter. Mais les régionales sont reportées en juin et peut-être au-delà si l’épidémie n’est pas contrôlée. 80% des Israéliens de plus de 18 ans ont été vaccinés. Le corona est déjà presque loin dans leur tête. Il a fait quatre morts en Israël samedi dernier.

Aussi majeurs que soient les succès d’Israël, un système qui convoque les électeurs quatre fois en deux ans interpelle.

Une cause de ce blocage est institutionnelle, c’est le scrutin proportionnel, l’autre est personnelle, c’est Benjamin Netanyahu.

Le type de scrutin est le seul à donner leur voix à tous les habitants d’un pays aux modes de vie et aux engagements disparates et souvent intensément vécus. Mais il oblige à une coalition et les représentants d’une niche électorale bien placée peuvent exercer une forme de chantage.

Les ultra-orthodoxes bien sûr, aujourd’hui 12% de la population, mais d’autres petits partis peuvent aussi faire la différence. Certaines filières peuvent s’épuiser. Comme les enfants des Juifs ex-soviétiques se fondaient dans le mainstream israélien, Avigdor Liberman s’est reconverti, si l’on peut dire, en vigie contre l’exceptionnalisme haredi. Car les gens votent par indignation plus que par conviction, ce qui pousse à créer des contre-niches. Mais il faut se méfier de la réaction : ainsi l’agressivité de Liberman renforce la cohésion des religieux qui se sentent agressés. Inversement, écoeurés par la video qui assimile les Juifs non orthodoxes à des chiens, des électeurs laïcs tentés par l’abstention sont allés voter.

Depuis l’instauration d’un seuil progressivement élevé à 3,25% des voix, soit quatre députés, qui devait empêcher l’élection de personnalités aberrantes ou extrémistes, les rebonds du  billard électoral  sont devenus plus subtils, et certains joueurs sont meilleurs que d’autres. Si un parti n’atteint pas le seuil, ses électeurs se seront déplacés au profit de leurs adversaires.  Entre des religieux sionistes débauchés de chez Bennet et des ultra-nationalistes , Bibi a favorisé une alliance qui  peut dépasser la barre et serait  pour lui un apport notable. Inversement, le dégoût de voir un kahaniste à la Knesset peut faire basculer contre Netanyahu. Dans un grand écart dont celui-ci a le secret, il a remplacé sa rhétorique anti-arabe, qui avait facilité en réaction la constitution d’une liste arabe unifiée, par un soutien au parti Islamique Raam, un improbable allié.

Le parti bleu et blanc s’est maintenu,  mais s’il n’atteint pas la barre, ses voix seront stérilisées, ce qui fera aussi le bonheur de Benjamin Netanyahu, qui craignait que Ganz, dont il s’était joué de façon machiavélique, ne finisse par se désister.

Rien que Bibi, ou tout sauf Bibi ? Ce n’est pas si simple non plus. Car s’il a fait le vide autour de lui, si certains de ses plus proches sont devenus ses ennemis virulents, si on lui reproche son comportement, ses complaisances avec les ultra-religieux, si on voit venir une société illibérale, pour utiliser le vocable à la mode, aux contre pouvoirs affaiblis et aux valeurs morales défaillantes, beaucoup d’Israéliens qui ne l’aiment pas reconnaissent en lui un professionnel. Sa ligne politique n’est guère en discussion, dans une société qui a en grande majorité fait le deuil des illusions et qui, dans un monde dangereux, préfère des alliances d’intérêt plutôt que d’émotion.

Le succès de la triade israélienne, armée, technologie, logistique, fait de l’ombre à une classe politique assez déconsidérée, d’où surnage la personnalité charismatique et clivante de Benjamin Netanyahu. Il reste le favori de cette élection. Mais n’a-t-il pas succombé à l’hubris qui  guette les hommes trop confiants en leur habileté ?