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Publié le 29 Novembre 2021

Commissions du Crif - Commission du Souvenir : Rachel Jedinak promue au rang d'Officier de la Légion d'honneur

Déjà titulaire du titre de Chevalier dans l’ordre de la légion d’honneur, Rachel Jedinak, survivante de la Shoah et membre de la Commission du Souvenir du Crif, a été élevée jeudi 25 novembre au rang d’Officier.

Cette distinction lui a été remise au nom du Président de la République par Serge Klarsfeld dans le cadre d’une cérémonie qui s’est tenue à l’Hôtel de Ville de Paris, en présence de Laurence Patrice, adjointe à la Maire de Paris pour la Mémoire et le Monde combattant.

Famille et amis étaient tous présents pour assister à l’honneur rendu à Rachel Jedinak dont la vie a basculé le 16 juillet 1942, le jour de la sinistre rafle du Vel d’Hiv, celui où elle fut arrêtée sur dénonciation avec sa mère et sa sœur et auquel elle a survécu grâce à un miracle : une gifle. Cette gifle, ce n’est pas vraiment comme un miracle que Rachel l’a vécue, elle sur qui sa mère n’avait jamais levé la main, ce fut d’abord une blessure et un chagrin avant de comprendre que ce geste lui avait sauvé la vie. Lorgnant la sortie de secours du commissariat où elles étaient enfermées, la mère de Rachel adjure à sa fille de s’enfuir ; la petite refuse, s’accroche à ses jupes et le geste tombe. Déportée à Auschwitz, Rachel ne reverra jamais sa mère, comme les 16 autres membres de sa famille. « Il y a des gifles qui sont entrées dans l’histoire » dit Serge Klarsfeld dans le discours qu’il fit le 25 novembre dernier à l’Hôtel de Ville. 

À travers l’histoire de Rachel Jedinak, c’est aussi l’histoire des enfants du Vel d’Hiv que nous touchons, et en ce qui la concerne, celle des plus « chanceux » d’entre eux. 4 115 enfants ont été déportés suite à cette rafle et aucun n’est revenu. Un jardin mémorial rue Nélaton à Paris leur rend hommage, et c’est là encore une réalisation de l’immense travail de Serge Klarsfeld.

Depuis 1997, Rachel Jedinak ne cesse de témoigner, elle a été reçue dans des centaines d’établissements scolaires et elle est aussi à l’origine de l’apposition des plaques dans les écoles qui via le COMEJD rappelle la mémoire des enfants déportés.

Ceux qui connaissent Rachel Jedinak savent combien elle est une belle personne : humaniste, volontaire, régulière, douce, gentille, agréable et intelligente. Nous qui sommes nés bien après le désastre de la Shoah mesurons la chance d’avoir accédé à tous ce que les survivants nous ont livré, non seulement en terme de connaissances mais aussi d’humanité et d’espérance. Ils ont par leur persévérance et leur courage de parler, réussi à défaire le plan diabolique des nazis d’en faire de simples objets de l’histoire voués à disparaître de la surface de la terre. Leur parole a marqué notre société et s’est répandue non pas comme un chant triste mais bien au contraire comme un hymne à la vie.

 

Stéphanie Dassa

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