Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Le billet de Richard Prasquier - La mémoire de la Shoah : Un voyage en Pologne

02 Juin 2022 | 103 vue(s)
Catégorie(s) :
France
Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

Francis Kalifat, the Crif President gave a speech at the annual Crif's dinner 2017. 

Né à Tunis en 1920, Albert Memmi, s’il a été considéré, à travers certains de ses romans, comme le chantre du judaïsme tunisien, demeure surtout, le théoricien du colonialisme

C’est l’histoire d’un mariage mixte raté. Un mariage entre une Juive et un Musulman, Julie et Sam. 

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

Je me suis exprimé sur les enjeux de l'élection présidentielle pour la communauté juive française.

Portrait de Stéphanie Dassa
Hommage à Claude Hampel
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14 Novembre 2016
Catégorie : France

« Il y eut un soir et il y eut un matin » Genèse1 : 5

Comme chaque année, l'association ASI/Keren Or que je préside, distribue des lunettes de vue en Israël aux plus démunis. Cette année l'opération s'est déroulée dans la ville de LOD.

En 2005, le fait religieux envahissait peu à peu et dans la confrontation, les cours de récréation. L’agitation religieuse commençait à provoquer des dégâts dont nous payons le prix lourd aujourd’hui.

FOR JERUSALEM NO VOICE MUST MISS
FOR JERUSALEM NONE OF US CAN REMAIN SILENT

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Actualité
 
"La culture est ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers", déclarait André Malraux. C'est pour toutes ses vertus que la culture est grande et qu'elle reste et doit rester un rempart contre l'obscurantisme, le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie. De chaque création artistique doit jaillir une lumière. C'est à cela que doit aspirer chacun de ceux qui ont le bonheur de pouvoir créer ou d'interpréter une oeuvre. 

 

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

L’Amitié judéo-chrétienne de France - dont plusieurs militants du Crif sont membres du Comité Directeur - a tenu dimanche 29 janvier son Conseil national, l’occasion pour nous de donner quelques nouvelles du front du dialogue.

Je me suis exprimé sur les enjeux de l'élection présidentielle pour la communauté juive française.

Un livre de Victoria Klem

Suite au vote le 16 décembre 2016 du conseil municipal de Clermont-Ferrand au vœu présenté par les groupes communistes, Front de gauche et Europe écologie, vœu relatif au boycott des produits israéliens fabriqués dans « les territoires palestiniens occupés », le Maire de Clermont-Ferrand a fait paraître dans le journal local la Montagne un communiqué. La présidente du CRIF Auvergne-Rhône- Alpes lui répond…

Au lendemain des déclarations du ministre israélien de la défense, lundi 26 décembre, qualifiant la conférence de paix sur le Proche-Orient qui doit se tenir prochainement à Paris de nouveau « procès Dreyfus », le Crif a condamné des propos « maladroits ».

 
 
 

J'ai répondu aux questions d'Olivier Lerner dimanche 4 décembre lors de notre Convention Nationale

Halte à la discrimination d'Israel, le CRIF proteste suite à la décision d'étiqueter les produits israeliens. 

Suite à l'annonce de l'adoption de la directive de l'E.U sur l'étiquetage des produits israéliens le Crif a réagit à travers un communiqué, j'ai voulu dénoncer la décision française et l'obessession israelienne.

J'ai répondu aux questions de Sputnik news.

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Opinion

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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Nous étions une vingtaine, famille et amis, venus de France et d’Israël à voyager sur les lieux de la Shoah en Pologne. C’était la première fois, parmi mes nombreuses visites, que je m’y trouvais avec trois de mes enfants et aussi une petite fille, quatrième génération. Ce passage de témoin a prolongé ce que j’avais reçu des survivants que j’ai eu la chance de connaître. Leurs noms, célèbres ou inconnus, vivent dans mon souvenir, non seulement par leur histoire mais par leur profonde humanité.

J’utilise ce mot à dessein, car le déni d’humanité fut le crime absolu des nazis. Fin 1940, l’ignoble Hans Frank, docteur en droit et gouverneur de la Pologne, déclarait qu’il n’avait pas encore pu supprimer tous les poux ni tous les Juifs, mais qu’avec le temps, il espérait y arriver. Ses complices ont presque réussi. Début novembre 1943, les nazis fusillent 43 000 Juifs dans trois camps de travail du district de Lublin. C’est la sinistre « Fête des moissons », qui marque la fin de l’Action Reinhard destinée à exterminer les Juifs du Gouvernement général de Pologne (dont Auschwitz ne fait pas partie). Treblinka et Sobibor viennent d’être démantelés, Belzec l’a été quelques mois auparavant : il n’y a plus de Juifs à gazer ; les très rares survivants s’épuisent dans quelques camps résiduels travaillant pour l’armée allemande, ou cachés parmi ceux qu’on appelle les Aryens.

L’extermination est au centre de la monstruosité nazie. En dehors des rarissimes personnes sorties vivantes des fosses parmi les cadavres fusillés, elle n’a pas laissé de témoin, sauf les Sonderkommandos dont les quelques survivants provenaient des révoltes de Treblinka et Sobibor ou du désordre accompagnant l’évacuation du camp d’Auschwitz. Les déportés qui, en témoignant, ont accompli un travail admirable, ont pris garde de souligner que eux-mêmes n’étaient pas entrés dans « le ventre de la Gorgone », pour reprendre l’expression de Primo Levi. Il n’empêche : l’auditeur est ému par l’histoire d’une victime, qu’elle ait été tuée ou qu’elle ait survécu, mais pas par une statistique, les millions de morts. Pour bien des visiteurs, Auschwitz fut un camp où les déportés ont souffert, et où beaucoup sont morts. Mais la grande majorité des Juifs qui y furent assassinés n’y ont même pas pénétré, et Belzec, Treblinka; Sobibor et Chelmno ne sont pas des camps mais des usines de mort. Il faut deux jours pour lire les 70 000 victimes parties de France, mais il faudrait six mois pour lire  tous les noms des Juifs assassinés au cours de la Shoah.

Les historiens ont dû lutter contre le négationnisme ; leur travail fut méticuleux et humiliant. Une porte qui fermait du mauvais côté, car elle avait été négligemment replacée après la guerre, et les négationnistes concluaient que la Shoah n’avait pas eu lieu.

Cette période est probablement - je dis probablement - révolue. Mais nous vivons au temps de l’amalgamisme. Accuser ses ennemis d’être pires que les nazis est devenu banal. Si le rejet du pass sanitaire et la guerre en Ukraine en fournissent des exemples caricaturaux, c’est Israël qui en est la cible habituelle. Double avantage, on délégitime son existence et on le dessaisit de l’insupportable « bénéfice » narratif de la Shoah. Mais l’amalgame victimaire repose aussi sur les bons sentiments. Une visite d’Auschwitz trop brève, insuffisamment documentée et sans mise en perspective pourrait même faciliter la confusion mémorielle.

L’antisémitisme qui attribue aux Juifs les desseins les plus noirs est la supercherie, le « hoax », la plus sanglante de l’histoire. Les nazis présentaient l’extermination comme une défense préventive et se félicitaient de ne pas céder aux mièvreries compassionnelles. Mais l’extermination des Juifs n’est que la limite ultime de toutes les idéologies qui admettent l’assassinat collectif comme une conséquence nécessaire, éventuellement regrettable, de l’avènement d’une morale à finalité supérieure. On y retrouve le fanatisme religieux meurtrier, dont l’islamisme radical est la figure contemporaine, mais aussi les utopies révolutionnaires des « lendemains qui chantent ».

Il s’agit pour les tenants de notre petite morale banale mais qui englobe l’humanité tout entière de ne pas transiger, de ne pas se bercer d’illusions sur une hypothétique conversion à nos valeurs de démocratie et de liberté et de maintenir les rapports de force malheureusement indispensables.

Ne jamais oublier non plus qu’il n’y a pas des masses d’être humains désincarnés dont on pourrait se débarrasser comme on élimine des poux, mais qu’il y a un homme, un autre homme et encore un autre…

La femme, bien sûr, étant le propre de l’homme…

Richard Prasquier