Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean-Pierre Allali - 2024. Les Jeux Olympiques n’ont pas eu lieu, par Marc Perelman

08 Novembre 2022 | 86 vue(s)
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Opinion
Le 10 janvier 2023, Yonathan Arfi, Président du Crif, s'est rendu à la cérémonie en hommage aux victimes de la rafle de Libourne du 10 janvier 1944. Il a prononcé un discours dans la cour de l'école Myriam Errera, arrêtée à Libourne et déportée sans retour à Auschwitz-Birkeneau, en présence notamment de Josette Mélinon, rescapée et cousine de Myriam Errera.  
 

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2024. Les Jeux Olympiques n’ont pas eu lieu, par Marc Perelman (*)

 

Que les prochains Jeux olympiques aient lieu ou non, ce livre est une véritable volée de bois vert contre l’olympisme. Là où la plupart des observateurs voient dans les olympiades des exemples de la beauté humaine à son apogée, Marc Perelman ne trouve, lui, que le summum de la dépravation et de la mauvaise foi.

D’entrée de jeu, Perelman dénigre les « principes fondamentaux de l’olympisme »  considérés comme une philosophie de vie qui, par définition, devrait renvoyer à l’amour de la sagesse. Or, c’est tout le contraire car « rien dans les JO ne relève de la sagesse, ne serait-ce que leur démesure assumée, le gigantisme auquel ils ne cessent d’aspirer, le prosélytisme qu’ils mettent en œuvre sur toute la planète ».

L’auteur en appelle à Iain Sinclair qui n’hésitait pas à écrire que : « De Berlin en 1936 à Pékin en 2008, les Jeux Olympiques ont toujours été l’escroquerie par excellence. Des machines à lancer la rénovation urbaine. Des orgies de nationalisme larmoyant. La guerre par d’autres moyens. Berlin, qui fut, en 1936, une énorme mise scène du régime nazi et Tokyo, prévu en 1940 mais annulé en raison de la Guerre ne sont que deux exemples. Mais, à travers les années, on aura constaté nombre de distorsions de « l’esprit olympique ». Qu’on songe à Londres en 1948 qui a vu la non-participation de l’Allemagne et du Japon, à Mexico, en 1968, avec le massacre de trois cents étudiants avant le début des compétitions, à Munich, en 1973, avec l’assassinat de neuf athlètes israéliens et d’un policier ouest-allemand, Moscou en 1980 avec le boycott de 35 pays en raison de l’invasion de l’Afghanistan ou encore Pékin, en 2008 qui a vu la Chine exercer une sévère répression au Tibet.

Et, pour ce qui est de Paris 2024, le « sabir officiel » imagine un renouvellement urbain en Seine-Saint-Denis, haut lieu des compétitions à venir, entendez « l’implantation d’artefacts et la bétonisation intensive ».

L’ouvrage, qui s’avère être un réquisitoire sévère conte le principe même des JO s’achève sur « Vingt-et-une thèses sur le siècle du sport ». On peut y lire, notamment que : « Dopage, violence, racisme, sont constitutifs du sport et ne sont pas des dérapages, des excès, des déviations, ses marges, ni les preuves visibles ou tangibles qui feraient la démonstration évidente du caractère néfaste du sport ». Ou encore : « Le sexe est partout dans le sport…dans de vastes bordels, au cœur du village olympique ».

Enfin, les JO sont à jamais associés à Pierre de Coubertin qui, en son temps, n’hésitait pas à affirmer que « Le peuple hébreu ne prend pas rang dans l’histoire universelle ni du point de vue politique, ni du point de vue économique, son rôle est à cet égard insignifiant. Les Juifs sont demeurés profondément asiatiques. On ne les connaît guère qu’à travers les capitaux amassés par certains d’entre eux. Âpres et persévérants au gain, habiles et rusés en affaires, ils se sont rendus odieux, mais derrière leur vices se tient un idéalisme obstiné et farouche… La puissance primordiale du sang juif que quelques gouttes suffisent parfois à lui assurer la conquête d’un foyer ».

Certains pourront trouver dans cette analyse, des exagérations, mais on y puise incontestablement des éléments troublants qui incitent à la réflexion.

Et si Paris 2024 n’avait finalement pas lieu ?

Jean-Pierre Allali

(*) Éditions du Détour. Janvier 2021.192  pages. 18 €.