Editorial du président
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Publié le 27 Juin 2013

« L’Etiquetagite »

Une nouvelle maladie frappe le monde politique français. L’étiquetagite est apparue récemment à la Mairie de Paris. Le Conseil de Paris a estimé, toutes affaires cessantes, qu’il convenait de voter un vœu demandant l’étiquetage des produits israéliens provenant des territoires. Je dis toutes affaires cessantes, car laissant de côté les 100.000 morts de la guerre civile de Syrie ou les conflits meurtriers dans lesquels la France est engagée en Afghanistan ou au Mali.

Dans la foulée de cette résolution du Conseil de Paris, l’Assemblée nationale et le Sénat vont examiner des propositions identiques à l’initiative de membres éminents du Parti socialiste.

 

Cet étiquetage est le préalable de la phase économique suivante, le boycott des produits ainsi mis à l’index.

 

Je vois plusieurs inconvénients à cet « étiquetagite ». Il tend à favoriser le boycott, concept interdit par la loi française. Il crée une fois de plus une exception pour Israël alors même que bien d’autres pays pourraient être concernés par de telles initiatives : la Chine pour sa présence au Tibet tout autant que la Turquie à Chypre et cette liste n’est pas exhaustive. Israël serait-il le Juif des nations ?

 

Très concrètement il entraînera une recrudescence des actes de vandalisme de produits israéliens clairement désignés dans les rayonnages. Il stimulera les agressions verbales et parfois physiques de consommateurs qui choisiraient de continuer à acheter des produits israéliens (avocats, jus d’orange...).

 

Il fera peser sur les commerçants qui vendent ces mêmes produits un risque supplémentaire de pression et de menaces dont nous savons qu’elles peuvent être mises à exécution dans certaines zones de non-droit.

 

Il créera les conditions d’un nouveau climat de guerre économique, vécu comme le prolongement du conflit israélo-palestinien dans notre pays alors que depuis des années nous tentons d’apaiser les tensions liées aux tentatives de ceux qui veulent l’importer.

 

Il motivera tous ceux qui appellent au-delà même du boycott commercial des produits israéliens, à un boycott plus large, sportif et culturel comme cela a été le cas lors de la tournée de l’orchestre philharmonique d’Israël l’an passé.

 

Au moment où le secrétaire d’État américain Kerry déploie des efforts pour ramener les parties du conflit à la table de négociation faut-il vraiment que la France déploie des efforts pour approfondir les divergences entre Israéliens et Palestiniens ?

 

Roger Cukierman

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