Editorial du président
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Publié le 2 Avril 2012

Hommage à Emmanuel Weintraub

C’était un témoin. Enfant de la Shoah, il eut l’improbable chance d’échapper à la destruction par les nazis de la population juive de sa ville, Drohobytch, aujourd’hui en Ukraine.

Richard Prasquier

C’était à bien des égards notre exemple. C’était mon ami. C’était un mensch.

C’était un  Européen. Jeune réfugié de cette Europe de l’Est dont il parlait tant de langues, il était devenu, une douzaine d’années plus tard, l’interprète de De Gaulle et Adenauer.

 

C’était un Français. Haut fonctionnaire à l’OCDE dont il a longtemps dirigé l’important service de traductions, il avait participé à d’innombrables conférences où notre pays était impliqué.

 

C’était un sioniste. Comme son ami de soixante ans, condisciple à Sciences Po, Meir Rosenne, il vibrait avec Israël où il avait failli s’installer et, d’une lucidité aiguë, connaissait tout de la géopolitique du Moyen-Orient.

 

C’était un homme de culture. Couvert de diplômes, sciences politiques, langues orientales, droit, connaissant aussi bien le cinéma que la littérature ou l’histoire.

 

C’était un militant. Vice-président du CRIF, représentant du Congrès juif mondial, irremplaçable dans les relations internationales, il fut de tous les combats de la communauté juive pendant des dizaines d’années, sans chercher à aucun moment à se mettre en avant. Servir, sans se servir.

 

C’était un homme de bien, qui mettait au-dessus de tout, même affaibli par la maladie, ses devoirs envers sa famille, et notamment son épouse.

 

C’était à bien des égards notre exemple.

 

C’était mon ami.

 

C’était un mensch.

 

Adieu, Manek. C’est peu de dire que tu vas nous manquer.

 

Richard Prasquier

Président du CRIF

 

Les obsèques d’Emmanuel Weintraub auront lieu mercredi 4 avril 2012 à 15 heures, au cimetière Montparnasse, Paris 14e.

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