Blog du Crif - Hommage à Robert Castel, humoriste algérien, de El Gusto au Pataouete

17 Décembre 2020 | 240 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Jeudi 6 septembre s'est tenue la cérémonie d'échange des vœux entre les responsables de la Communauté juive, la Maire de Paris Anne Hidalgo et la présidente du Conseil régional d'Ile de France Valérie Pécresse.

Jeudi 26 juillet, j'ai écrit au Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian afin de lui faire part de mon étonnement face à l'absence de mention d’Israël dans les déclarations du Quai d'Orsay suite à l'évacuation de casques blancs syriens.

Mercredi 25 juillet, j'ai adressé des courriers aux Présidents respectifs de la Fédération Française des Échecs et de la Fédération Française de Judo. L'objectif : mener à bien le combat pour l'égalité et contre la discrimination de toute nature.

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Actualité

Il y a six ans (ndlr. : cet article a été rédigé en mars 2018), en mars 2012, à Montauban et Toulouse, sept vies ont été fauchées par un terroriste islamique, donc je me refuse à rappeler le nom.

Le 33ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 7 mars 2018.

Au théâtre de l'Atelier, Le livre de ma mère réveille les souvenirs et sublime la relation la plus sincère qui est donnée à l'homme de connaître.

Vendredi 23 février, j'ai rencontré Tomasz Młynarski, Ambassadeur de Pologne en France.

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

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Opinion

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Techouva, de Frédéric Lauze.

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Dina Porat, Le Juif qui savait Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d’Abba Kovner, 1918-1987.

"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

On ne le dira jamais assez : la parution d’ouvrages de poésie, en général et dans le domaine juif en particulier est devenue assez rare pour qu’on ne salue pas avec plaisir la sortie d’un nouveau recueil. Dans ce nouveau livre, la peintre et poétesse Sarah Mostrel nous offre un ensemble de textes inspirés de la Bible et des textes fondamentaux du judaïsme.

Remi Huppert est un spécialiste des Juifs de Chine. On lui doit notamment Destin d’un Juif de Chine (1). Dans son nouveau roman, le judaïsme est toujours présent.

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Francis Kalifat a bien connu Robert Castel, durant les dernières années de sa vie. Ce fut une très belle rencontre, il garde en mémoire de beaux souvenirs. Francis Kalifat était présent à son enterrement. 

Et « Ouala », comme on disait là-bas. Il nous a quittés.

Il nous amusait. Il était un peu la mémoire « Pataouète », Robert Moyal, plus connu sous le nom de Robert Castel*.

« Pataouète », c’est quoi ? Ma foi, c’est une variante du français baragouiné de cette Algérie lorsqu’elle était française. C’est un idiome inventé, truffé de mots issus de l’arabe, de l’espagnol, de l’italien, du kabyle, de l’occitan, du corse et de bien d’autres, déformés par l'usage local.

Le Prince du calambour lourd parfois, mais plein de générosité, a rendu célèbre, avec ses deux complices de l’époque : Anne Berger et Lucette Sahuquet, la fameuse pièce La Famille Hernandez, composé de scènes de la vie quotidienne d’une famille de pieds-noirs.

Belle rencontre entre ces deux femmes, déjà sur les planches à Alger en 1957, et Robert Castel. Conquis par le jeu des deux actrices, il fit des pieds et des mains pour être intégré à leur équipe, qui pourtant au départ n’avait pas conçu de rôle pour lui. L’histoire retiendra la phrase de Lucette Sahuquet : « On va donner à Robert le rôle d’un bègue comme cela la pièce durera plus longtemps ».

Et c’est le succès immédiat qui va dépasser le cadre de l’Algérie française de l’époque, pour atteindre des sommets, avec des représentations à travers le monde entre 1957 et 1959. C’est avec sympathie, beaucoup d’humour et de dérision que l’on découvre ainsi la vie d’une famille pied noir de Bab-el-oued. Quartier truculent et populaire d’Alger, dans cette Algérie de l’après guerre, où les conflits religieux sont loin derrière et où le bon vivre ensemble est à la mode pour ne pas dire de rigueur.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, puisque Robert Castel épouse Lucette Sahuquet, pied noir comme lui, mais catholique. Elle mourra en 1987. Albert Camus ne disait-il pas en parlant de la famille Hernandez « Je reconnais mes fils et mes frères à ce rire d’amitié qui me prend devant eux ».

Bien que cantonnés dans les seconds rôles, on le verra dans de nombreuses comédies telles le Grand blond avec une chaussure noire ou Je suis timide mais je me soigne, s’aventurant aussi dans des projets moins burlesques à l’image de l’insoumis ou deux hommes dans la ville. Il fera aussi partie des Grosses têtes de Philippe Bouvard sur RTL.

Mais il n’oubliera jamais qu’il commença sa carrière comme musicien, à l’image de son père, Elie Moyal, plus connu sous le pseudonyme Lili Labassi, chantre du répertoire des musiques andalouse de l’Algérie. D’ailleurs il ne reprendra le violon de son père qu’à l’âge de 57 ans.

Pour ma part j’ai eu l’occasion de connaître et de rencontrer Robert Castel en 2012. Alors que j’étais président de l’association MORIAL, mémoire et traditions des juifs d’Algérie, nous avions décidé de faire un grand colloque, en collaboration avec le centre communautaire de Paris de la rue Lafayette, à  l’occasion des 50 ans de notre départ d’Algérie. Nous avions organisé, sur 4 jours, une série de conférences, films, débats, musique, que nous avions intitulé « 2 000 ans d’histoire juive en Algérie : 50 ans après ». Le point d’orgue clôturant cette grande manifestation était la diffusion du film El Gusto, en présence de la réalisatrice Safinez Bousbia et de Robert Castel.

El gusto, réalisé en 2012, c’était l’histoire d’un groupe de musiciens nés en Algérie, juifs et musulmans, séparés par l’Histoire depuis 50 ans et qui subitement, sous l’inspiration de Safinez Bousbia, se réunissaient à nouveau  en 2012 pour partager leur passion commune : la musique Chaabi.

El gusto rappelait cette musique populaire inventée au milieu des années 1920 au cœur de la Casbah d’Alger. Robert Castel et ses vieux camarades, juifs et musulmans, retrouvèrent, l’histoire d’un moment, cette belle amitié et cet amour commun qu’ils avaient eus pour ces mélodies qui avaient bercé leur jeunesse « là-bas » au sein du même orchestre.

Ce fut un moment fort et de fraternité pour moi et MORIAL ce jeudi 22 novembre 2012 lors de la projection de ce film El gusto, au milieu de ces gens qui se retrouvaient comme s’ils s’étaient vus la veille avec malheureusement beaucoup de cheveux blancs cette fois-ci.

Didier Nebot

 

* Né le 21 mai 1933 à Bab El Oued, Robert Moyal, de son vrai nom, s'était fait connaître avec la pièce de théâtre "La famille Hernandez", montée en 1957 avec les comédiennes Lucette Sahuquet et Marthe Villalonga. Le comédien, humoriste et musicien Robert Castel est connu comme le père de l'humour "pied-noir".

 

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