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Publié le 12 Janvier 2018

#Actu #Copernic - Attentat de la rue Copernic : non-lieu pour le suspect

Des juges d'instruction ont également ordonné la "mise en liberté immédiate" du Libano-Canadien de 64 ans, qui a passé plus de trois ans en détention provisoire. L'attentat à la bombe devant la synagogue de la rue Copernic avait fait quatre morts et une quarantaine de blessés le 3 octobre 1980.

Publié le 12 janvier 2018 sur le site du Figaro

Des juges d'instruction français ont ordonné un non-lieu en faveur du Libano-Canadien Hassan Diab, unique suspect de l'attentat qui avait fait quatre morts et une quarantaine de blessés devant une synagogue à Paris le 3 octobre 1980, a appris vendredi l'AFP de source proche du dossier.

Contre l'avis du parquet qui avait requis le renvoi aux assises de Diab pour cet attentat, les juges estiment que les charges à son encontre «ne sont pas suffisamment probantes» et «se heurtent à trop d'éléments à décharge», d'après cette source. Ils ordonnent la «mise en liberté immédiate» du Libano-Canadien qui a passé plus de trois ans en détention provisoire.

Le premier attentat antisémite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale

Vendredi 3 octobre 1980, veille de Shabbat, le temple de l'Union libérale israélite, à mi-chemin entre l'Arc de Triomphe et le Trocadéro, est comble. 300 fidèles sont rassemblés pour l'office de Shimrat Torah (la Fête de la Joie). À 18h40, alors que le Grand Rabbin Williams lit la prière des morts, une forte explosion retentit. La salle est plongée dans l'obscurité, le plafond s'écroule. Dix kilos de pentrite, dissimulés dans la sacoche d'une moto garée devant la synagogue, viennent d'exploser.

Quatre personnes sont tuées: un passant, un motard, le gardien du bâtiment d'en face et une journaliste israélienne. Une quarantaine de personnes sont blessées. Les dégâts matériels sont très importants dans toute la rue. De nombreuses voitures sont carbonisées, des vitres soufflées, les immeubles des alentours ébranlés.

C'est le premier attentat antisémite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il est présenté dans un premier temps comme un acte de l'extrême droite. Le jour même, un appel anonyme revendique l'attentat au nom des Faisceaux nationalistes européens. Le dirigeant de l'organisation d'extrême droite dément aussitôt. La police n'a aucune autre piste mais se lance sur celle de l'extrême droite. Des dizaines de personnes sont arrêtées dans les jours qui suivent puis relâchées. Le 7 octobre, une manifestation rassemble 200.000 personnes à Paris, «contre le fascisme».

Diab se dit victime d'une homonymie

L'enquête privilégiera par la suite la piste de divers groupes terroristes au Moyen-Orient. En 2007, le juge antiterroriste Marc Trévidic, qui a succédé à Jean-Louis Bruguière, suspecte Hassan Diabl, professeur de sociologie à Ottawa, d'être le chef du commando. Ce dernier est arrêté à Gatineau au Québec en 2008 dans le cadre d'un mandat d'arrêt international lancé contre lui.

Lui qui ne cesse de clamer son innocence est extradé puis mis en examen en France en 2014. Les inspecteurs le soupçonnent d'avoir déposé l'engin explosif devant la synagogue dans la sacoche d'une moto qu'il aurait abandonnée ensuite. Le parquet relève plusieurs éléments à charge: «des notes de renseignement convergentes et réitérées», la ressemblance de Diab avec des portraits-robots réalisés à l'époque. Il découvre également un passeport à son nom avec des tampons d'entrée et de sortie d'Espagne d'où serait parti le commando. La justice française met aussi en avant les comparaisons faites entre l'écriture de Diab et celle sur une fiche d'hôtel remplie par l'homme qui a acheté la moto ou encore le témoignage d'un couple mettant en cause le suspect comme appartenant aux groupes palestiniens au début des années 1980.

De son côté, le suspect ne cesse de soutenir qu'il était étudiant à Beyrouth à cette époque et qu'il est victime d'une homonymie. Après 18 mois de détention, ce professeur de sociologie est remis en liberté avec un bracelet électronique et assigné à résidence. Son ex-épouse confirme son alibi, ce qui nécessite de nouvelles investigations. Mais dix jours plus tard, le 24 mai 2016, la cour d'appel annule cette libération.

Le 28 juillet 2017, les juges d'instruction font savoir qu'ils ont terminé leur enquête. La remise en liberté du suspect, accordée le 8 novembre 2017 par un juge des libertés, est annulée le 14 novembre par la cour d'appel de Paris.

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En octobre dernier, à l'occasion du 37ème anniversaire de l'attentat de la rue Copernic, le Crif avait rendu hommage aux victimes.

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