Lu dans la presse
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Publié le 22 Décembre 2017

#Actu #Desinfo - "Derrière les fausses informations, il y a souvent des motivations financières"

Les Décodeurs ont répondu aux questions des lecteurs du "Monde" sur la diffusion des fausses informations.

Publié le 20 décembre  2017 dans Le Monde

Les lecteurs du Monde ont interrogé l’équipe des Décodeurs sur la circulation des fausses informations sur Facebook, à l’occasion de la publication de notre enquête sur cette question. Compte rendu.

Oncle Fernand : Dans votre méthodologie, est-il possible de prendre en compte le nombre de partages réalisés pour « dénoncer » la fausse information, plutôt que de la partager réellement ?

Les publications analysées dans le cadre de notre enquête sont accessibles sur cette page, où vous trouverez des précisions sur notre méthodologie. Nous n’y avons mentionné que les publications qui relaient de fausses informations au premier degré, pas celles qui les démentent.

Par ailleurs, nous essayons toujours de regarder dans quelle mesure une information est crue ou non avant de la vérifier. Et il s’avère que, dans la grande majorité des cas, on trouve très peu d’internautes sceptiques dans les réactions à ces publications. Le doute est souvent minoritaire.

MG : Quel est l’intérêt pour ceux qui produisent ces fausses informations d’agir de la sorte ?

Cette question est primordiale. Pour prendre la mesure de l’ampleur du phénomène, il faut partir des motivations de ceux qui diffusent des contenus mensongers. Bien sûr, beaucoup de fausses informations sont publiées pour des raisons politiques ou idéologiques. Mais il y a également, dans énormément de cas, des motivations financières, avec tout un écosystème de sites et de pages Facebook qui ont poussé à l’extrême la logique des revenus publicitaires calculés aux clics.

Locrie : Il y a de plus en plus d’informations parodiques (« Le Gorafi », « Nordpresse »…) et de nombreuses personnes les prennent comme étant vraies. Serait-il envisageable d’avoir une sorte de label du sérieux des informations pour les vraies pages d’information ?

Il serait absurde d’interdire ou du moins de signaler systématiquement le second degré et l’humour. Mais il y a une vraie multiplication des sites parodiques (nous en dénombrons une centaine dans le Décodex), qui ne sont par ailleurs pas toujours faciles à identifier, ce qui complique la tâche aux internautes.

Cet exemple souligne que les réseaux sociaux ont relégué la notion de source au second plan. Quand vous regardez la télévision, vous savez sur quelle chaîne vous êtes. Alors qu’on entend désormais de plus en plus souvent dire des choses comme : « je l’ai lu sur Facebook. » D’accord, mais quelle était la source ? C’est comme ça, par exemple, qu’une interview imaginaire d’Emmanuel Macron par Le Gorafi a pu être prise au premier degré…

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