Lu dans la presse
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Publié le 6 Décembre 2018

Actu/France - Paris Match met en Une un militant antisémite

Le dernier numéro de l'hebdomadaire a mis en Une un gilet jaune nommé Hervé Ryssen. Un récidiviste de la haine antisémite condamné à plusieurs reprises. Le Président du Crif Francis Kalifat a immédiatement réagi en interpellant la rédaction de Paris Match et en lui demandant une vigilance particulière quant aux images utilisées et mises en avant. Paris Match a réagi dans l’après-midi par un communiqué.

  

Communiqué de Paris Match publié dans l'après-midi du 6 décembre  

Il ne doit pas y avoir de malentendu sur la couverture de Paris Match. 

La couverture de Paris Match illustrant le face à face devant l'Arc de Triomphe entre un gendarme mobile et un manifestant photographié de profil a été choisie comme emblématique de la journée violente du samedi 1er décembre. Les dizaines de photojournalistes engagés sur le terrain, en raison des conditions extrêmement difficiles, n'étaient pas en mesure de recueillir l'identité, moins encore les arrière-pensées des manifestants.

Cette photographie fortuite révèle néanmoins l'infiltration du mouvement des gilets jaunes par les extrémistes, notamment, de l'ultra droite. C’est ainsi que cet individu s’est retrouvé en couverture de notre magazine. Il est nul besoin de rappeler que Paris Match combat sans ambiguïté, depuis sa création en 1949, toutes les formes de racisme et d’antisémitisme. C’est dans cet état d’esprit que toutes les équipes de Paris Match, avec leur professionnalisme reconnu mondialement, poursuivront la couverture de tous les aspects de l'actualité liée aux gilets jaunes.

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Publié le 6 décembre dans L'Express

La couverture est belle. On y voit un gilet jaune discuter avec un CRS, sous un drapeau français flottant au vent. La photo est signée Emma Prosdocimi, de l'agence Sipa. Dans son dernier numéro, Paris Match propose de revenir sur le mouvement qui secoue la France depuis plusieurs semaines, et notamment sur les violences du samedi 1er décembre. "De la colère à l'affrontement, récit d'une journée explosive", titre le magazine.  

Problème : l'homme en gilet jaune se nomme Hervé Ryssen, de son vrai nom Hervé Lalin, comme de nombreux internautes - et de nombreux journalistes aussi - l'ont souligné. Et ce dernier n'est pas vraiment un gilet jaune "lambda" : il est une figure de l'extrême droite française, et se définit lui-même comme ouvertement antisémite et négationniste.  

"Je m'oppose à l'esprit juif et je m'oppose radicalement au projet d'unification mondiale porté par le judaïsme, explique-t-il, par exemple, à Street Press en 2012. Donc je suis forcément antijuif et antisémite." Hervé Ryssen a participé, a priori, à toutes les protestations parisiennes ayant eu lieu depuis le 17 novembre dernier, et s'est donc retrouvé sur de nombreux clichés de photographes présents sur les lieux.  

Ce personnage obscur a été poursuivi à de multiples reprises ces dernières années pour ses propos outrageants. En juin dernier, Hervé Ryssen a été condamné à un an de prison pour ses messages antisémites, proférés dans une vidéo YouTube datant du 10 juillet 2010 et intitulée Les juifs, l'inceste et l'hystérie. En 2017, Paris Match se faisait lui-même l'écho d'une autre condamnation pour des messages antisémites et racistes publiés sur Twitter et Facebook. D'autres condamnations ont été prononcées en 2016 et 2013

"On ne connaissait pas le personnage"

Mais en le mettant en couverture de son dernier numéro, la rédaction de Paris Match n'avait aucune idée de son identité, assure à L'Express Régis Le Sommier, directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire. "On ne connaissait pas du tout ce personnage, que nous avons pris pour un gilet jaune. On a trouvé que cette couverture était représentative, puisqu'il était en discussion avec un CRS... Mais c'est une erreur de notre part. Les gilets jaunes charrient tout un tas de personnages et nous ne savions pas qui il était."  

Pour le moment, Paris Match n'a pas communiqué publiquement sur cette méprise, mais devrait le faire dans la journée, après une réunion de rédaction. Sur les réseaux sociaux, certains internautes appellent désormais au boycott du magazine, tandis qu'Hervé Ryssen, lui, s'est évidemment réjoui d'apparaître ainsi en une du magazine. Il avait notamment expliqué, toujours à Street Press : "J'ai besoin d'exister." 

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