Lu dans la presse
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Publié le 11 Janvier 2018

#Antisemitisme - Pour vaincre l'antisémitisme, l'Europe doit d'abord y faire face

Les manifestations qui ont éclaté suite à la déclaration de Donald Trump sur le statut de Jérusalem ont réveillé l'Europe.

Publié le 18 décembre 2017 dans The Guardian sous le titre To fight European antisemitism, we must first face up to it

Depuis que le Président Donald Trump a fait son annonce sur le statut de Jérusalem, une série d'attaques antisémites et d'autres incidents ont eu lieu en Europe. Ils ont sucité la condamnation des dirigeants politiques et ont reçu une certaine attention des médias.
Ces événements sont un signe que l'antisémitisme en Europe pourrait s'aggraver. La Shoah est un héritage déterminant de l'histoire européenne. Les Européens ont la responsabilité particulière de veiller à ce que les Juifs se sentent en sécurité et libres dans nos sociétés. Il ne peut y avoir de justification à l'antisémitisme. Cela peut être l'évidence, mais ces jours-ci, il semble que l'évidence doivent être rappelée.
 
Le 9 décembre à Göteborg, la deuxième plus grande ville de Suède, un groupe d'hommes masqués a tenté de mettre le feu à une synagogue. Ils ont lancé des cocktails molotov, forçant les jeunes qui tenaient une fête de Hanukkah à chercher refuge dans le sous-sol. Quelques jours plus tard, un deuxième incendie criminel est survenu dans un cimetière juif de Malmö, où des appels à une «intifada» et des cris violents et antisémites ont également été rapportés lors d'une manifestation. À Amsterdam, un homme tenant un drapeau palestinien a brisé les vitres d'un restaurant casher. L'incident, enregistré sur vidéo, a été décrit par l'Organisation des communautés juives des Pays-Bas comme «pas moins qu'un acte de terreur».
 
À Göteborg, trois hommes ont été arrêtés pour «tentative d'incendie criminel» après l'attaque de la synagogue. Selon le magazine activiste antiraciste Expo, ils s'agissaient de deux Syriens et d'un Palestinien. Tous les trois sont arrivés en Suède cette année. Le Premier ministre suédois Stefan Löfven a déclaré qu'il n'y avait "aucune place pour l'antisémitisme dans notre société", tandis qu'Angela Merkel a commenté qu '"aucune différence d'opinion, y compris sur le statut de Jérusalem, ne peut justifier de tels actes".
 
L'antisémitisme a muté en Europe. L'antisémitisme d'extrême-droite, qui a mené à l'Holocauste, fait partie de notre histoire. Aujourd'hui, il se cache encore parmi les plus sombres mouvements politiques renaissants d'Europe, y compris au Royaume-Uni.
 
Les musulmans aussi ont peu à peu adhéré à une certaine forme d'antisémitisme. Un antisémitisme qui se cache depuis les années 1960 derrière l'antisionisme radical de gauche et la critique d'Israël.
 
[...] L'Europe n'est pas antisémite. Mais nous devons reconnaître que de nouvelles versions du sentiment anti-juif existent. En Hongrie, des campagnes antisémites enragées ont prospéré contre George Soros, y compris des affiches qui remontent à une époque que nous pensions peut-être révolue depuis longtemps. Mais il apparait que certains membres de la communauté juive hongroise s'inquiètent autant des idées islamistes radicales que de l'antisémitisme d'extrême-droite et hésitent sur les termes à employer pour qualifier l'antisémitiqme actuel. Visiblement, rien de tout cela n'est simple.
 

 

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