Lu dans la presse
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Publié le 10 Mai 2016

Contre la propagande djihadiste en ligne, le gouvernement se tourne vers le secteur privé

La question de la propagande djihadiste en ligne occupe une place conséquente dans la série de mesures annoncées par le gouvernement.

Le recours à l’initiative privée et aux acteurs indépendants de la société civile est indispensable

Par Martin Untersinger et Morgane Tual, publié dans le Monde le 10 mai 2016
 
Le premier ministre, Manuel Valls, a annoncé lundi 9 mai une série de mesures visant à lutter contre la radicalisation et le terrorisme. Parmi les 80 points développés, la question de la propagande djihadiste en ligne occupe une place conséquente.
 
Développer le contre-discours
 
« Les rencontres virtuelles et la propagande dématérialisée deviennent des facteurs déclencheurs ou accélérateurs des processus de radicalisation », écrit le gouvernement dans les documents envoyés sur le sujet à la presse. Il s’agit, pour le gouvernement, d’une « priorité afin de desserrer l’emprise idéologique que la propagande radicalisée violente exerce ».
 
L’Etat entend donc développer des contre-discours, une forme de contre-propagande, pour répondre aux efforts menés en ligne par les réseaux djihadistes. Le gouvernement se tourne largement vers le secteur privé, et pour cause : il reconnaît que le contre-discours émis par des sources officielles ne fonctionne pas.
 
« La prégnance du discours conspirationniste ou millénariste dans la propagande djihadiste et le risque de rupture sociale constaté parmi les personnes en voie de radicalisation rendent les messages officiels peu opérants. Le recours à l’initiative privée et aux acteurs indépendants de la société civile est donc indispensable. »
 
Initiatives individuelles et associatives sont donc bienvenues et le gouvernement annonce qu’il soutiendra, « le cas échéant financièrement », des initiatives préexistantes, afin de « donner toute leur place aux discours existants dans la société, qui contribuent à remettre en cause la propagande djihadiste, à en isoler les mécanismes et à en réfuter le contenu ».
 
Impliquer davantage les géants du Web
 
Le gouvernement français et les grandes entreprises du Web cherchent un terrain d’entente depuis les attentats qui ont frappé la France en janvier 2015. Peu de temps après, Manuel Valls avait montré du doigt les réseaux sociaux, « plus que jamais utilisés pour l’embrigadement, la mise en contact et l’acquisition de techniques permettant de passer à l’acte ».
 
Bernard Cazeneuve avait lui aussi fermement critiqué ces entreprises, avant de se rendre aux Etats-Unis pour rencontrer les vice-présidents de Google, Facebook et Twitter, afin de les « responsabiliser ». De leur côté, les principaux groupes du secteur affirment coopérer activement avec les autorités françaises sur les dossiers liés au terrorisme, et participer à des points réguliers avec le ministère de l’intérieur.
 
Dans son dossier publié lundi 9 mai, le gouvernement reconnaît que des progrès ont été faits par les grands acteurs du Web, tout particulièrement les réseaux sociaux, dans la lutte contre la propagande djihadiste. Cela a permis « d’accroître l’efficacité de la lutte contre l’accessibilité des contenus radicalisés », selon le texte.
 
Le gouvernement veut continuer dans cette voie et « associer les acteurs de l’Internet » – comprendre les principaux réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter – « à l’élaboration [de ce] contre-discours » afin que soient développés « des outils numériques » permettant « d’identifier les propagandes naissantes sur les réseaux sociaux, leurs vecteurs de diffusion, les principaux nœuds de propagation, et la méthode la plus efficace pour faire porter un contre-discours ».
 
Pour ce faire, le gouvernement veut développer « une coopération entre ceux qui portent l’expertise technique », notamment développeurs et experts marketing, « et ceux qui produisent et portent le contre-discours ». Une fondation, dont l’annonce a été faite il y a quelque temps par Manuel Valls mais qui semblait jusqu’à présent dans les limbes, sera chargée, à partir du second semestre 2016, d’entretenir cette coopération... Lire l'intégralité.

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