Lu dans la presse
|
Publié le 2 Novembre 2017

#Crif #Antisemitisme - En France, l’antisémitisme "du quotidien" s’est ancré et se propage

Insultes, intimidations, violences physiques, tags… Des juifs racontent des agressions devenues banales et qui se multiplient depuis 2000. Marc Knobel, Directeur des Etudes du Crif, fait le point sur la situation.

 

Publié le 2 octobre 2017 dans Le Monde 

Cette libération de la parole s’est nourrie de l’expansion d’Internet et des réseaux sociaux. « Dans les années 1990, la lutte contre les contenus antisémites consistait à s’intéresser à quelques librairies bien connues, remarque Marc Knobel, historien et directeur de recherche au Conseil représentatif des institutions juives de France. Aujourd’hui, les moteurs de recherche charrient des horreurs. Sur Internet, la violence antisémite est sans retenue. Quand elle se déchaîne, elle prend des proportions folles. Et nos réponses sont insuffisantes. »

Les réseaux sociaux « contribuent à banaliser les discours de haine et donc le passage à l’acte violent, résume Sacha Ghozlan, de l’UEJF. Faire en sorte que ces réseaux ne soient pas détournés pour un usage de haine est l’enjeu majeur pour notre génération ». « Certains enfants sont derrière des écrans dès leur plus jeune âge et absorbent de la propagande antisémite et négationniste, alerte Annie-Paule Derczansky, qui pilote des actions de prévention dans des collèges du 19e arrondissement de Paris à travers son association Les Bâtisseuses de paix. Comment déconstruire des préjugés après cela ? »

La lutte contre le discours de haine sur les réseaux sociaux est encore largement balbutiante, même si les premières actions en ce sens remontent au début des années 2000. « L’urgence, estime Marc Knobel, c’est que les grandes plates-formes [Facebook, Twitter, YouTube, Google…] soient beaucoup plus sensibilisées qu’aujourd’hui, qu’elles traitent les signalements et qu’elles agissent plus vite contre les contenus qui violent la loi. »

Obtenir d’elles qu’elles agissent contre ces contenus est loin d’être toujours couronné de succès. L’UEJF affirme avoir réalisé un testing, qui a montré que 4 % des signalements pour racisme et antisémitisme sont pris en compte par Twitter, 34 % par Facebook et 7 % par YouTube. Faire bouger ces mastodontes, nés dans l’environnement juridique américain où la liberté de parole est moins encadrée, est « un combat au quotidien, constate Marc Knobel. Si nous perdons ce combat-là, demain on n’aura plus prise sur rien. Tout se vaudra. Mais on peut encore agir ».

Lire l'article en intégralité

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.