Lu dans la presse
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Publié le 20 Novembre 2019

Europe - Prague va restituer des fragments de pierres tombales utilisés comme pavés

Lundi, la mairie de Prague a accepté de signer un mémorandum dans lequel elle s'engage à restituer à la communauté juive les fragments de pierres tombales juives utilisées comme pavés dans le centre-ville.

Diffusé le 20 novembre sur Radio Prague

Si les rues du centre de Prague sont reconnaissables aux petits cubes qui pavent ses trottoirs si spécifiques, certaines des pierres qui les constituent sont en fait des fragments de stèles juives datant du XIXe siècle. Selon les historiens, qui se sont penchés sur leur origine, ces pierres proviendraient du cimetière juif abandonné d’Údlice, près de Chomutov, en Bohême du Nord, et ont été concassées pour être utilisées comme pavés en prévision de la visite en Tchécoslovaquie du dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, en 1987. 

Piétonne et commerciale, la rue Na Příkopě et la fameuse place Venceslas sont les principaux lieux concernés par le nouveau mémorandum que la mairie et la communauté juive de Prague signeront très probablement prochainement. L’accord en question stipule que ces pierres seront progressivement extraites lors des travaux de rénovation à venir. Chaque pierre possédant un lien avec l’histoire juive devra être restituée à la communauté. 

Cet accord s’impose avant que ne soient engagés les grands travaux visant à rétablir, d’ici 2023, les lignes de tramway sur la place Venceslas, comme le souhaite le président de la communauté juive de Prague, František Bányai : 

« J’espère que nous trouverons un terrain d’entente avec l’Administration technique des communications (TSK). Les entreprises qui seront chargées des travaux d’excavation, seront tenues d’extraire ces pierres lorsque leurs ouvriers tomberont dessus ou d’inviter un membre de la communauté juive de Prague sur le site. »

Bien que les pierres extraites des trottoirs pragois ne puissent pas être reconstituées en tombes ou même rendues à leur cimetière d’origine, celui-ci ayant été transformé en un jardin public commémoratif, la communauté juive, qui réclame l’extraction de ces fragments depuis plusieurs années, se dit honorée par cet acte symbolique. Pour son président, le sort de ces pierres chargées d’histoire est d’ores et déjà scellé : 

« En supposant que nous trouvions des pavés de ce genre, il faudra d’abord établir combien il en existe et quelles informations nous pouvons retrouver à leur sujet. Dans tous les cas, nous voulons les réinstaller dans le vieux cimetière juif du quartier de Žižkov à Prague. »

Plus tôt cette année, le maire du 1er arrondissement de Prague, Pavel Čižinský, avait suggéré de parer symboliquement la rue Na Příkopě, avenue commerçante qui compte parmi les plus fréquentées de la capitale, de plaques d’information à ce sujet. Mais l’idée a par la suite été abandonnée, selon la Télévision tchèque. Aux yeux de František Bányai, cette affaire a été exagérément amplifiée par les médias, et ce aux dépens d’autres sujets qu’il considère comme plus essentiels : 

« Le plus important pour nous, ce sont les choses que nous pouvons encore réparer. J’entends par là entretenir les cimetières actuels ou ceux qui peuvent encore être rénovés : il y a un déficit de l’ordre de dizaines de millions de couronnes à cet égard. Nous voulons également nous concentrer sur la rénovation des synagogues qui peuvent encore l’être, ainsi que sur l’aide aux personnes âgées. »

La communauté juive envisage de déposer les fragments des pierres tombales au vieux cimetière juif de Žižkov, où un projet intitulé ‘Trouver le visage perdu des cimetières juifs tentera de les identifier. 

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