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Publié le 12 Avril 2019

Europe/Culture - L'art dégénéré : Le pillage organisé (3/4)

Après l’annexion de l’Autriche, en 1938, des centaines de milliers d’œuvres d’art sont volées, puis vendues ou échangées dans toute l’Europe. Le monde de l’art est devenu une vaste zone grise. A l'occasion de l'exposition "Le marché de l'art sous l'Occupation" présentée au Mémorial de la Shoah, nous vous proposons de découvrir la série d'émissions de France Inter sur le sujet.

Une série documentaire de Christine Lecerf et Franck Lilin

 

"Parfois, la zone n’est même plus grise, elle est noire corbeau. Tout le monde a profité du système. C’était un système totalement corrompu." (Ralf Jentsch)

Après l’annexion de l’Autriche, en 1938, des centaines de milliers d’œuvres d’art sont volées, puis vendues ou échangées dans toute l’Europe. L’opération Art Dégénéré cède la place à un véritable pillage organisé sans équivalent dans l’histoire. A Vienne, avec l’assentiment d’une grande partie de la population, la spoliation des biens juifs devient systématique. Quelques années plus tard, dans le Paris occupé, véritable plaque tournant du marché de l’art, l’écoulement des œuvres spoliées se transforme en un commerce fructueux. A l’instar du célèbre Hildebrand Gurlitt, les marchands d’art constituent un rouage déterminant de ce pillage. Mais ils ne sont pas les seuls.

Les nazis, surpris par l’ampleur de ce qui se passait à Vienne, ont mis en place une véritable organisation du pillage. Dès avril 1938 était institué à Vienne « le bureau de la circulation des biens », dont la seule fonction était de gérer la confiscation des biens. Ça n’existait dans aucune autre ville. Ce bureau gérait entre autre les fiches de renseignements que tout juif devait remplir quand il avait une fortune supérieure à 5 000 Marks. Ces fiches de déclaration de patrimoine, qui se sont ensuite étendues à tout le Reich, était une invention viennoise. (Leonhard Weidinger)

Avec :

  • Andrea Baresel-Brand, coordinatrice des recherches de provenance du Fonds Gurlitt, Berlin
  • Christian Fuhrmeister, historien de l’art sous le national-socialisme, Munich
  • Ralph Jentsch, conservateur, spécialiste de Georg Grosz, Berlin
  • Lucia Heilman, victime juive, médecin, Vienne
  • Eric Michaud, historien de l’art, EHESS, Paris
  • Tine Nehler, devant un tableau de Max Beckmann, Pinacothèque, Munich
  • Emmanuelle Polack, historienne, spécialiste du pillage de l’art en France, Paris
  • Bernhard Schulz, journaliste au Tagesspiegel, Berlin
  • Birgit Schwarz, historienne de l’art, spécialiste d’Hitler, Vienne
  • Andreas Strobl, conservateur, collection arts graphiques, Munich
  • Leonhard Weidinger, chercheur de provenance, Musée Arts appliqués, Vienne

Remerciement à Corinne Bouchoux, historienne

Les voix (traductions et génériques) sont de : Andrea Schiffer, Claude Aufaure, Laurent Lederer et Martine Schambacher

Musiques : String trio de Joseph Kudirka • Vladimir Martynov Quatuor à cordes • Alfred Schnittke Quatuor à cordes • Eva Maria Houben, Nachtstück (Double Bass)

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