Lu dans la presse
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Publié le 16 Janvier 2020

Europe/Mémoire - 1941, une ville roumaine cède à l’antisémitisme

Le documentaire « La mort en face. Le pogrom de Iasi », sera diffusé ce soir, jeudi 16 janvier à 23 h 20 sur France 3.

Publié le 16 janvier dans La Croix

Tous les conflits possèdent leurs marges où le tragique de l’histoire est redoublé par l’ignorance et l’oubli. Durant l’été 1941, la ville de Iasi, dans le nord-est de la Roumanie, fut l’un de ces théâtres sordides. 

Arrivé au pouvoir en septembre 1940 et allié du IIIe Reich, le régime de Ion Antonescu y décima l’importante communauté juive locale. En huit jours, du 28 juin au 6 juillet 1941, près de 15 000 Juifs furent assassinés lors d’un effroyable pogrom.

De manière très sobre, le documentaire de William Karel et Nellu Cohn lève le voile sur ces exactions longtemps méconnues en privilégiant la parole de témoins juifs qui vécurent enfant ou adolescent ces heures noires. Ils décrivent une population locale hystérisée par l’antisémitisme et l’antijudaïsme, accusant les Juifs d’être des « bolcheviques », des espions au service des Soviétiques et d’avoir « tué Jésus ».

Une véritable chasse à l’homme menée par les soldats allemands et roumains mais aussi par les habitants se déploya d’abord dans les rues et les maisons de la ville.

Les Juifs survivants furent ensuite rassemblés dans la cour de la préfecture, où ils se croyaient en sécurité, avant d’y être sauvagement exécutés. Puis, près de 5 000 Juifs furent entassés dans deux trains remplis de fumier dont les aérations avaient été condamnées. Ces trains avaient pour ordre de rouler lentement, sans destination, pendant qu’à l’intérieur les Juifs, privés d’eau et d’air, se mouraient. « L’enfer était avec nous et la mort aussi », témoigne l’un des survivants.

De nombreuses photographies illustrent ce crime de masse. Une partie de ses responsables fut jugée en 1948, mais ces événements furent occultés par le régime communiste qui préférait charger l’Allemagne nazie et célébrer la résistance roumaine. On estime qu’entre 1941 et 1944, 270 000 Juifs roumains moururent assassinés ou périrent de froid, de faim ou du typhus lors des marches de la mort vers l’Ukraine.

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