Lu dans la presse
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Publié le 30 Mars 2016

Excuser n'est pas expliquer

Ce sont les terroristes qui, rappelons-le, sont responsables de leurs actes. 

Par Caroline Fourest, Essayiste, journaliste, éditorialiste, scénariste et réalisatrice engagée en faveur de l'égalité et de la laïcité et des droits de l'Homme, publié dans le Huffington Post le 30 mars 2016
 
Il ne faut pas confondre "refus d'excuser" et "refus d'expliquer". Plus les attentats se succèdent, plus l'attitude consistant à blâmer les démocrates pour les crimes commis contre eux devient difficilement soutenable. Ce sont les terroristes qui, rappelons-le, sont responsables de leurs actes. Eux qui adhèrent à une idéologie mortifère. Eux qui choisissent de détruire des vies plutôt que de construire leurs vies.
 
A entendre certains commentaires, on finirait par croire que ce sont leurs victimes, leurs cibles, qui poussent les fanatiques à bout et à agir. Par leur attitude intolérante envers l'intégrisme (mince, ça ne marche pas en Belgique, ni au Pakistan)... Par leurs guerres extérieures (ah non, ça ne marche ni au Danemark ni pour Charlie)... Par leur laïcité arrogante (aïe, ça ne marche ni aux Etats-Unis ni dans les pays musulmans touchés par le terrorisme). Par leur démocratie trop tolérante ? Au moins, ça marche. En Belgique et un peu partout en Europe.
 
Les médias parlent trop des attentats ?
 
Dans la série "évitons de regarder la réalité en face", je suis tombée sur une conversation légèrement surréaliste sur la page Facebook d'une ancienne élue de gauche.
 
Quelques heures seulement après l'attentat de Bruxelles, alors que nous cherchions encore à savoir combien il y avait de victimes et si les poseurs de bombe couraient toujours, un militant s'y disait révolté. Mais alors vraiment révolté... Mais par quoi était-il donc si révolté ? Par le fait que les médias parlaient trop des attentats. Comme s'il n'y avait que ça dans la vie, les attentats!
 
Passons sur les poncifs habituels sur le sensationnalisme des chaînes d'info. Comme si on nous forçait, à coup de fouet, à les regarder en boucle. C'est au spectateur de savoir se débrancher quand il sent qu'il sature. Et non à l'information continue de s'arrêter lorsqu'un drame aussi important surgit.
 
Un attentat n'est pas une catastrophe naturelle, mais un acte de guerre, qui bouleverse nos vies et demande qu'on en tire des leçons. Sécuritaires, politiques, intellectuelles. Notamment pour que les Molenbeek, des quartiers de Saint-Denis ou d'Argenteuil ne soient plus ni des ghettos ni sanctuaires. Même s'il ne faut pas verser dans l'information spectacle, même s'il y a parfois de quoi rire sur ce besoin de meubler, l'émotion légitime et sa prolongation, c'est aussi ce qui permet d'arracher un temps médiatique long. De ceux qui nous permettent d'avoir un débat approfondi. Pourtant certains préfèrent visiblement se mettre en colère contre ceux qui parlent des attentats plutôt que contre les attentats eux-mêmes. Au point que cela ressemble parfois à une stratégie d'évitement, psychologique et/ou politique... Lire l'intégralité.

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