Lu dans la presse
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Publié le 9 Janvier 2017

#France - Ces Juifs que l’on assassine par Marc Knobel

Tribune de Marc Knobel

L’ancienne équipe de Charlie est décimée le 7 janvier 2015, à Paris. En fin de matinée (vers 11 h 30), deux islamistes radicaux, les frères Chérif et Saïd Kouachi, cagoulés et lourdement armés, font irruption dans les locaux du journal à Paris 11ème et y ouvrent le feu à la kalachnikov. Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Tignous, Georges Wolinski, le garde du corps Franck Brinsolaro et l’agent de maintenance Frédéric Boisseau sont assassinés. Le policier Ahmed Merabet est abattu près du siège du journal, quelques minutes après. Le 14 janvier 2015, Al-Qaïda au Yémen revendique l'attentat contre Charlie Hebdo dans une vidéo. Le lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, Coulibaly tue une policière municipale à Montrouge, en banlieue parisienne.

Le lendemain, Yohan Cohen, 20 ans, étudiant et employé du magasin, est le premier touché. Courageusement, il tente de s'interposer et d’empêcher un fanatique assoiffé de sang de prendre en otage des salariés et les clients d’une supérette du nom d’Hyper cacher, porte de Vincennes, à Paris. Philippe Braham, 45 ans, cadre commercial dans une société d'informatique et frère du rabbin de la synagogue de Pantin est assassiné également ; François-Michel Saada, 64 ans, cadre supérieur à la retraite, tente de ressortir, mais Amédy Coulibaly lui tire dans le dos, lâchement. Un peu plus tard,  Yoav Hattab, 21 ans, de nationalité tunisienne, issu d'une famille de sept enfants, fils de Benyamin Hattab, est assassiné à son tour. Six personnes dont un bébé, guidées par un employé du magasin, Lassana Bathily, jeune homme musulman d’origine malienne empruntent un escalier en colimaçon menant dans une chambre froide au sous-sol et parviennent à s'y cacher. Dans le magasin, c’est la terreur. En fin d’après-midi, l’assaut est donné par le Raid et la BRI, les otages quittent le magasin en hurlant.

Un précédent : le massacre d’Ozar Hatorah de Toulouse

Rappelez-vous... Le lundi 19 mars 2012, peu avant 8 h 30 du matin, à l’heure où les élèves de l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse s’apprêtent à entrer en cours, un homme gare son scooter et garde son casque. Il s’avance d’un pas tranquille, sort une arme et ouvre le feu sur un groupe de personnes massées devant l’établissement. Un professeur de religion du collège, Jonathan Sandler, trente ans, est atteint au ventre. Il s’écroule aux pieds de son fils Arieh, cinq ans, mortellement touché lui aussi. Le tueur fait quelques pas dans la cour, ouvre le feu à nouveau. La fille du directeur de l’école, Myriam Monsonego, sept ans, tente de s’échapper. Elle ne fait que quelques foulées, avant d’être atteinte d’une balle dans le dos. Le tueur tire alors sur le petit Gabriel Sandler, quatre ans. Puis il revient vers Myriam, l’empoigne par les cheveux et l’achève d’une balle dans la tête, avant de prendre la fuite sur son deux-roues. Un autre adolescent est grièvement blessé. C’est l’horreur, le désespoir, l’hébétude mais aussi la colère. L’affaire du tueur Merah commence.

Merah, un héros ?

Alexandre Ferret, dans Le Point, l’avait remarqué et l’avait souligné (1). Avec les tueries de Toulouse et de Montauban, Internet avait trouvé en mars 2012 sa nouvelle effigie : Mohamed Merah. Le Toulousain bénéficiait d’une cote de popularité post mortem impressionnante sur le Web, selon le journaliste du Point. Elle se mesure en clics et en « like », la célébrité se mesure facilement, sur les moteurs de recherche, les encyclopédies en ligne et les réseaux sociaux. En recherchant « Mohamed Merah », sur Google, le leader des moteurs de recherche proposait pas moins de 188 millions de résultats (mars 2012). En écrivant son seul prénom, le « tueur au scooter » apparaissait en seconde position des suggestions Google en mars 2012. Juste après Mohamed Ali ! Sur Wikipédia, le tueur de vingt-trois ans avait droit à une biographie digne des plus grandes stars du rock and roll. On pouvait y découvrir quantité d’informations, de sa date de naissance à ses premières condamnations judiciaires en passant par des anecdotes sur sa scolarité. Le tout était rigoureusement sourcé avec 83 liens redirigeant vers les sites d’information en ligne. En mars 2012, sur Facebook, Mohamed Merah obtenait 11 050 J’aime (2 – 3).

Nous avons voulu vérifier ce qu’il restait de tout cela une année plus tard, au moment de la rédaction de cet article. Il n’y a plus que 9 560 000 résultats à la date du 27 juin 2013, sur Google. Mais il apparaît quand même en troisième position après Mohamed Dubois et Mohamed Ali, sur ce moteur de recherche, le 27 juin 2013. Et, un an plus tard, nous avons trouvé 601 références sur Wikipédia (25 juin 2014).

Sur un certain nombre de sites, nous avons vu, en juin 2013, des messages affligeants de la part de jeunes gens, entre quinze et vingt ans, qui défendent ce « brave soldat d’Allah ». Si incroyable que cela puisse paraître, Mohamed Merah est le nouveau héros d’une génération de jeunes marginalisés en France. Bien sûr il y a là-dedans de la provocation, une sous-culture évidente, un anticonformisme. De nombreux jeunes veulent se faire remarquer.

Mohamed Merah, le héros des djihadistes ?

Dans les réseaux islamistes radicaux français, la figure de Mohamed Merah est valorisée. Pour eux, Merah est un martyr et un héros. Des sites Internet en font l’apologie. Al-Qaïda a sorti un document, « Considérations sur la bataille de Toulouse », où il est présenté comme un héros face à une armée de mécréants. Tout cela est largement diffusé sur les réseaux (4).

Il nous paraît essentiel de reproduire un texte – très violent et d’une incroyable perversité – qui a été publié le 31 mars 2012 sur des sites djihadistes d’abord en langue arabe, puis traduit en français. Ce texte glorifie Mohamed Merah, son engagement puis les actes terroristes qui ont été perpétrés par lui. Au-delà de cette glorification, il faut le comprendre comme une invitation à poursuivre le « Djihad » mené par Mohamed Merah. Il s’adresse donc à de jeunes musulmans. Les termes choisis sont là pour renforcer l’engagement et donner un sens à son « sacrifice ».

L’attentat de Jérusalem

731 jours après l'attentat contre l'Hyper cacher, à Jérusalem, un camion bélier fonce à toute vitesse sur un groupe, happant des passants. Puis, le camion fait marche arrière pour écraser les personnes qui sont à terre.  Les quatre victimes sont le sous-lieutenant Yaël Yekoutiel (20 ans) et les soldats Shir Hadjaj (22 ans), Shira Tzour (20 ans) et Erez Auerbach (20 ans).
Les images sont insoutenables. Les gens crient, ils courent et s'enfuient, de partout, une panique. Mais, le mode opératoire est connu, le terroriste reproduit quasi à l’identique ce qui avait été fait à Nice et à Berlin par d'autres fanatiques.

A Gaza, des bonbons, pour « fêter » l’attentat

Et là encore, à Gaza, les faiseurs de mort et les fanatiques endoctrinés distribuent dans les rues des bonbons et d’autres douceurs et/ou friandises aux enfants, à des gamins, à des jeunes. Ils célèbrent ainsi les nombreuses tentatives d’attentats ou attentats commis contre des israéliens comme, par exemple, celui du matin du 18 novembre 2014 lorsqu’un terroriste palestinien, à coup de hache et d’armes blanches, avait attaqué des fidèles qui priaient avec ferveur à l’intérieur d’une Synagogue, à Jérusalem.

Cette joie affichée dès que le sang juif est versé n’est pas nouvelle. Les terroristes du Hamas et ceux du Jihad islamique et/ou les jihadistes barbares du monde entier nous ont habitués ces dernières années, ces derniers mois, ces dernières semaines, ces derniers jours, à célébrer ainsi -et dans une sorte de danse sacrificielle et folle de mort- les victimes du terrorisme palestinien et/ou jihadiste. Dans leurs yeux, se lit le bonheur que leur procure le fait d’apprendre que des Juifs aient été ainsi massacrés. Cette fois, le Hamas a organisé un rassemblement pour « célébrer » l’attentat de Jérusalem, qui a coûté la vie à quatre israéliens.

Au final, il y a là comme une frénétique envie d’en découvre avec les/des juifs, qu’ils fussent français ou israéliens. Il y a là une monstrueuse envie de massacrer des juifs, partout dans le monde.

 

 

Note

  1. Alexandre Ferret, « Mohamed Merah, tueur en série, star du Web », Le Point, 26 mars 2012.

  2. Dreuz, « Sur Facebook, Mohamed Merah obtient 11 050 J’aime, et reçoit une minute de silence dans un lycée », 23 mars 2012.

  3. Voir à ce sujet Marc Knobel, « Antijudaïsme et antisémitisme » in L’Antijudaïsme à l’épreuve de la philosophie et de la théologie, Le Genre Humain, Seuil, pp. 499 – 513.

  4. Mathieu Guidère, professeur à l’université de Toulouse 2 en islamologie et pensée arabe dans un entretien accordé au Monde, le 8 octobre 2012 : « Terrorisme : “Le cas Merah a fait sauter un verrou psychologique important” ».

 

Auteur : Marc Knobel

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#Actu #Crif - L'antisémitisme et le négationnisme sur les forums de jeuxvideo.com

Comme son nom l’indique, Jeuxvideo.com est à l’origine, un portail consacré à l’actualité des jeux vidéo. Mais ce qui l’a rendu célèbre, ce sont ses forums de discussion, des espaces ou tout internaute peut créer un sujet ou participer à ceux déjà en cours.

« Blabla 15-18 ans » est le plus hyperactif des forums. Il devient peu à peu un réservoir à mauvaises blagues et polémiques. Puis des propos racistes, homophobes et sexistes y fleurissent.

Le 19 janvier, dans un courrier, Francis Kalifat attire l'attention du directeur de publication de jeuxvideo.com sur certaines publications auxquelles le Crif a eu accès, et a eu le regret de constater qu'elles n'avaient fait l'objet d'aucun signalement ni suppression, conformément aux conditions générales de jeuxvideo.com.

En effet, sur ce Forum lorsque l’on tape sur le moteur de recherche l’expression « Shoah », de très nombreux topics apparaissent dont l’objet exclusif ou quasi exclusif serait de nier la Shoah, voir même d’accuser les Juifs des pires horreurs.

"Il est affligeant de constater que de tels sujets apparaissent si fréquemment sur votre forum, avec une régularité constante dans le temps alors que nous savons d’expérience que les expressions, les noms et les intitulés ainsi que les messages postés deviendront forcément des arènes publiques déchaînées ou l’antisémitisme et/ou le racisme et/ou le négationnisme pourront s’y développer et prospérer tranquillement. Par conséquent, je vous remercie de bien vouloir retirer sous huitaine les messages contenant de telles incitations à la haine. Je vous rappelle par ailleurs l'obligation d'hébergeur qui est la vôtre de ne pas laisser perdurer de tels contenus sur votre site une fois signalés. Je vous indique également que nous transmettons ce courrier à nos avocats, qui saisiront la justice s'il est avéré que la modération exercée par jeuxvideo.com est insuffisante", précise le Président du Crif.

Pour lire l'intégralité de l'article : bit.ly/2k7WrHt

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