Lu dans la presse
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Publié le 22 Juillet 2020

France - Chassée de Twitter, l’extrême droite en ligne migre vers des réseaux sociaux alternatifs

Alors que la politique de modération se durcit sur les sites traditionnels, les militants se tournent vers des plates-formes russes ou issues de la droite dure américaine.

Publié le 21 juillet dans Le Monde

« Censure sur Twitter », dénonçait un communiqué du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire mi-juillet, après que le réseau social a fermé les comptes de plusieurs figures du mouvement, dont son porte-parole, Romain Espino.

Début juillet, la plate-forme de vidéos Youtube avait également supprimé les chaînes de l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, quelques semaines après celle de l’ex-humoriste Dieudonné. Une action qui fait suite à des mobilisations croissantes contre la haine en ligne, notamment la campagne « Stop hate for profit », qui ciblait les grandes marques pour leur demander de retirer leurs annonces des réseaux sociaux.


Chassées des grandes plates-formes, les diverses mouvances d’extrême droite se réfugient de plus en plus sur d’autres réseaux à la politique de modération plus souple. C’est le cas de Parler.com, réseau similaire à Twitter et plébiscité par l’extrême droite américaine. On y trouve désormais quelques centaines de comptes identitaires et nationalistes français. Plusieurs figures du Rassemblement national (RN), de Jean Messiha à l’eurodéputé Jérôme Rivière, y ont ouvert un compte ces derniers jours.

« Leur toxicité est corrélée à leur visibilité »

D’autres se réfugient sur BitChute, équivalent de Youtube, sur Vk, le Facebook russe, ou sur le réseau Gab, phare de l’alt-right américaine, à l’instar d’Alain Soral ou de l’activiste antisémite Boris Le Lay. « Dieudonné essaye de basculer sur Telegram depuis qu’il a perdu sa chaîne Youtube », note également Tristan Mendès-France, maître de conférences associé à l’université de Paris et spécialiste des cultures numériques.

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Pour lui, si ces nouveaux refuges de l’extrême droite mondiale « ne changent rien » pour le « cœur militant » de ces mouvements, voire amplifient la « sensation de cohésion et l’effet d’entraînement », le fait qu’ils quittent les grandes plates-formes « n’est pas une mauvaise chose » : « Leur toxicité est corrélée à leur visibilité. S’ils n’ont pas la chambre d’écho des grandes plates-formes, ils auront plus de mal. »

De fait, conclut-il, sur les nouvelles plates-formes, leur nombre d’abonnés est sans rapport avec les chiffres impressionnants qu’ils affichaient sur Youtube, Facebook ou Twitter. « Le roi est un peu nu et se découvre pour ce qu’il est vraiment, à savoir des groupuscules », estime l’universitaire. Dans le communiqué publié par Génération identitaire, le mouvement précisait ainsi que « chacun (des comptes supprimés) possédait environ 20 000 abonnés ».

 

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