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Publié le 22 Novembre 2018

France - Deux vies au service du dialogue judéo-chrétien

L’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF), qui a eu 70 ans cette année, a remis son prix annuel mercredi 21 novembre.

Publié le 22 novembre 2018 dans La Croix

Les deux lauréats sont issus de la communauté juive : il s’agit de l’universitaire Franklin Rausky, qui enseigne notamment au Collège des Bernardins, et du responsable communautaire Raphy Marciano.

La ruelle de son enfance, à Casablanca, était bordée par deux églises. C’est donc très tôt que Raphy Marciano, juif séfarade, a rencontré des chrétiens, notamment sur les bancs de l’école. « Mais à cause du poids de l’Histoire, j’étais méfiant à l’égard du christianisme, confie aujourd’hui ce grand-père de 69 ans. Quand j’étais face à une croix, je voyais une épée. »

Le « déclic » du dialogue judéo-chrétien n’a eu lieu que des années plus tard, grâce à son maître, le philosophe Elie Wiesel. C’était après ses études à Sciences-Po, alors que Raphy Marciano avait définitivement quitté le Maroc pour la France et qu’il y commençait un engagement de quatre décennies au service de la culture juive : à la tête du Centre Rachi puis du Centre communautaire de Paris (devenu plus tard Espace culturel et universitaire juif d’Europe).

Cette sensibilisation au dialogue avec le christianisme lui est venue de sa rencontre avec des hommes « exceptionnels », le dominicain Bernard Dupuy ou le théologien Jean Dujardin. C’est à ce dernier, décédé en mars, ainsi qu’à Elie Wiesel, que Raphy Marciano a dédié le prix de l’Amitié judéo-chrétienne de France qu’il a reçu à Paris mercredi 21 novembre. Il avait déjà été promu Chevalier de la Légion d’honneur en juillet 2017.

Une « co-responsabilité » judéo-chrétienne ?

« Grâce à nos discussions, j’ai compris que le christianisme n’était pas un scandale à tolérer, ni les chrétiens des idolâtres, raconte-t-il aujourd’hui. J’ai appris aussi qu’une lecture chrétienne de la Bible peut m’interpeler, voire me permettre de mieux me connaître moi-même. »

Convaincu que juifs et chrétiens ont une « co-responsabilité » à l’égard de l’humanité, porteurs qu’ils sont d’un même message, Raphy Marciano insiste néanmoins sur l’incontestable altérité de ces deux religions – altérité qui ne saurait être provisoire. « Nos théologies ne se rencontreront jamais, estime-t-il, ou peut-être dans un autre temps de l’Histoire… »

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