Lu dans la presse
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Publié le 11 Janvier 2017

#France - Dix ans de prison de plus pour Youssouf Fofana

L'ex-chef du « gang des barbares » était jugé hier pour des faits antérieurs à l'assassinat d'Ilan Halimi.

Barbe fine, crâne rasé, costume noir sur chemise à carreaux, il grimace en fixant le plafond. Encadré d'une escorte sur le qui-vive, il reste ostensiblement assis lorsque le tribunal fait son entrée.

A la présidente, qui lui demande son nom, Youssouf Fofana, 36 ans, répond d'un charabia où l'on discerne : « Je suis le tradeur de la terreur. » Il exprime ensuite son souhait de « garder le silence » avant de se lever, calme, pour s'enquérir : « Je veux partir en détention. Je demande poliment. »

« Eh bien emmenez M. Fofana », ordonne la magistrate. Onze ans après l'assassinat du jeune Ilan Halimi, enlevé et torturé parce que juif, l'autoproclamé chef du « gang des barbares », condamné à la perpétuité en 2010, comparaissait hier pour tentatives d'extorsion et menaces commises avant ce crime, entre 2002 et 2004, envers une quarantaine de victimes. Face à ce box vide, le procès, prévu sur quatre jours, tourne court.
Fofana, qui n'avait pas d'avocat hier, n'a donc livré aucune explication sur ces faits qu'il avait en partie avoués puis niés. Il n'entend pas le parquet demander dix ans de prison assortis d'une peine de sûreté des deux tiers (le maximum). Ni le tribunal, qui a délibéré dans la foulée, le condamner exactement à la peine requise. « C'est une boule de haine, il n'a pas changé », a déploré le procureur, pour qui le prévenu prive la justice d'une possibilité de comprendre « la dynamique » qui a conduit à l'assassinat d'Ilan Halimi

« A l'époque, il se rode », avait confié au « Parisien » l'avocat Joseph Cohen-Sabban, cible de courriers de chantage en 2004. A la barre, le pénaliste, l'une des deux seules victimes parties civiles présentes hier, décrit « une grosse frousse rétrospective ». Et raconte avoir mal vécu que son fils, qu'il a ainsi voulu protéger, ait dû attendre sa majorité pour porter son nom. « Il a été visé en tant qu'avocat et en tant que juif. Venir le dire donne sens à cette audience », avance son avocat, soucieux de souligner le poids « des préjugés antisémites » dans la terrifiante « mécanique Fofana ».

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