Lu dans la presse
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Publié le 26 Avril 2018

#France - Emmanuel Macron : "il existe un vieil antisémitisme français, nous devons le reconnaître"

Le président s'est exprimé à ce sujet lors d'une rencontre avec des étudiants américains à Washington.

Debout en bras de chemise sur une estrade aux allures de ring de boxe, le président français Emmanuel Macron s'est offert un moment d'expression libre, mercredi 25 avril, au dernier jour de sa visite d'État à Washington. Il était invité à une séance de questions-réponses avec plus d'un millier d'étudiants de l'université George Washington.

Le chef de l'État connaît l'exercice, qu'il a déjà mené en Inde ou au Burkina Faso. Les questions étaient variées: grèves à la SNCF, division gauche-droite, politique africaine, Syrie, lutte contre Daech, immigration, avenir de l'Europe, mais aussi antisémitisme en France.

Interrogé à ce sujet, alors que 300 personnalités ont signé dimanche un "manifeste contre le nouvel antisémitisme" en France, dénonçant un "silence médiatique" et une "épuration ethnique à bas bruit" dans certains quartiers, Emmanuel Macron a estimé que l'antisémitisme était une réalité qu'il fallait "nommer" et "reconnaître".

"Il y a deux racines de ce nouvel antisémitisme, a expliqué le président. La première est liée à l'importation du conflit entre Israël et la Palestine. Certaines personnes en France souhaitent reproduire ce conflit international au sein même de la société française. La deuxième racine est une sorte d'ancien antisémitisme français, qui existait au début du siècle et qui reprend de l'ampleur. C'est une forte préoccupation pour moi. Nous devons le reconnaître."

"Cela va prendre du temps, il faut être dur et je serai dur. L'antisémitisme est incompatible avec la République française", a-t-il ajouté, d'après une retranscription de franceinfo. Selon une journaliste, le président a évoqué l'organisation par l'Éducation nationale de "cours" pour lutter contre ce "nouvel antisémitisme".

Applaudi après un plaidoyer pour la tolérance

C'est sur une question sur l'immigration, l'islam et l'insécurité, posée par une étudiante qui voyait un lien entre ces sujets, qu'Emmanuel Macron a le plus longuement répondu, avec un plaidoyer pour la tolérance qui a été très applaudi.

Il était particulièrement attendu là-dessus, certains étudiants le soupçonnant d'être anti-immigrant et islamophobe. Une image alimentée par les félicitations que lui avait adressées la veille Donald Trump, qui a salué les mesures "pas toujours populaires" prises par la France pour lutter contre "l'immigration incontrôlée".

"L'islam est un défi pour nos sociétés parce que cette religion est nouvelle, originaire d'une autre partie du monde", a plaidé le président français. "Maintenant des millions de personnes y croient et ce sont nos concitoyens, avec les mêmes droits. Il existe une tension avec l'islam parce que nos populations ne sont pas habituées, parfois. La bonne réponse n'est pas de dire que nous devons nous en débarrasser", a-t-il dit, déclenchant des applaudissements de la salle.

"La meilleure réponse est la tolérance et que chacun respecte les règles. Si au nom de votre religion, vous ne respectez pas les lois, je suis contre vous mais vous pouvez croire à ce que vous voulez", a-t-il dit.

Quant à l'immigration il a défendu le principe de la loi en cours d'adoption en France, qui améliore le droit d'asile mais limite l'entrée de ceux venus pour des raisons économiques. "Vous ne pouvez pas accepter tout le monde car n'est pas une charge soutenable pour la société française", a-t-il plaidé.

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