Lu dans la presse
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Publié le 28 Décembre 2018

France - Gilets jaunes : enquête ouverte pour antisémitisme

La dame du métro, témoin de gestes antisémites, a témoigné auprès de 20 Minutes. Une enquête a été ouverte.

Publié le 23 décembre dans L'Express

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a tenu à souligner "un acte ignoble" ce dimanche après des insultes antisémites présumées proférées par des gilets jaunes contre une vieille dame dans le métro parisien, assurant que ses auteurs sont poursuivis. Une enquête a été ouverte. 

L'histoire est racontée dans un fil sur Twitter par un journaliste de 20 Minutes, Thibaut Chevillard. Il témoigne de ce qu'il a vu dans la ligne 4 du métro parisien, samedi, au soir de l'acte 6 des gilets jaunes. "À l'intérieur; relate-t-il, trois gilets jaunes, un peu éméchés, hurlant : 'Macron démission !' Il s'agissait d'hommes d'une quarantaine d'années, plutôt bon chic bon genre, qui rentraient de la manifestation. [...] Ils ont commencé à faire des quenelles, des quenelles "de 40". Une petite vieille, cheveux grisonnants, le dos voûté, s'est levée. Elle est allée vers eux et leur a demandé d'arrêter." 

"Cette femme âgée leur a dit : 'Ce geste est un geste antisémite. Je suis juive, j'ai été déportée à Auschwitz, je vous demande d'arrêter." Les trois hommes n'ont pas arrêté pour autant. Ils ont rigolé, Puis l'un d'eux lui a répondu que les chambres à gaz n'existaient pas. 

"Un autre s'est ensuite mis à hurler : 'Dégage la vieille ! Dégage la vieille ! Dégage la vieille !' Son copain a enchaîné avec un bon vieux : "On est chez nous ! On est chez nous !"", poursuit le journaliste. "La petite vieille est retournée s'asseoir sous leurs insultes. A l'arrêt suivant, elle est descendue, silencieuse, tête baissée. Eux avaient l'air très fiers de leur coup. [...] Personne ne s'est levé pour prendre la défense de cette petite vieille. J'ai eu honte de ce que je venais de voir. Honte de ne pas avoir bougé. Ce soir, j'ai juste la gerbe. Si cette dame tombe sur ce thread, et si elle ressent le besoin de déposer plainte, elle pourra compter sur mon témoignage." 

"Ignoble et insoutenable", a réagi le ministre de l'Intérieur sur Twitter, ce dimanche matin. 

"Tout sera mis en oeuvre pour identifier ces individus. Ils doivent répondre de leurs actes abjects. Couvert d'un gilet jaune ou caché derrière un pseudo sur Twitter, l'antisémitisme doit être combattu de toutes nos forces." 

"J'étais contente de mon esclandre"

Dimanche après-midi, la dame du métro a contacté le journaliste de 20 Minutes. Elle a complété et nuancé certains propos rapportés par le journaliste. Elle se dit "au-dessus de tout ça" et ne souhaite pas porter plainte contre "des propos d'ivrognes". "Je n'ai jamais imaginé que j'allais les raisonner", assure-t-elle, tout en expliquant qu'elle ne "baissait pas la tête".  

Elle a ensuite précisé qu'elle n'avait pas été "déportée" mais que son père, oui : "Il a été déporté à Auschwitz où il est mort!". Elle a également nuancé avoir entendu un des hommes nier l'existence des chambres à gaz, à cause du bruit du métro. Mais elle a "senti" sur le moment qu'un des hommes sous-entendait "un truc comme ça", écrit 20 Minutes.  

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