Lu dans la presse
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Publié le 13 Juillet 2018

#France - A Nice, la difficile reconstruction des victimes

"On ne va pas forcément mieux (...), il y a encore une douleur permanente" : deux ans ont passé mais pour Emilie Petitjean, qui a perdu un fils le 14 juillet 2016, comme pour de nombreuses victimes de l'attentat de Nice, les cicatrices sont loin d'être refermées.

Publié le 12 juillet 2018 dans L'Express

"Le jour de la naissance de Romain, je suis venue travailler, mais je suis repartie au bout d'une heure parce que j'étais effondrée", poursuit la mère de famille, dont le fils de 10 ans a été fauché il y a deux ans par le camion lancé dans la foule par Mohamed Lahouaiej Bouhlel. 

"Deux ans après, beaucoup d'enfants et de parents vont mieux, mais un certain nombre a chronicisé des symptômes d'ordre psycho-pathologique, souvent associés à des difficultés psycho-sociales", explique Florence Askenazy, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital Lenval de Nice. 

Sur le millier d'enfants suivis pour des soins depuis deux ans, 350 nécessitent encore une prise en charge, notamment "de très jeunes enfants qui présentent une symptomatologie liée au stress post-traumatique auquel les bébés sont plus vulnérables", poursuit-elle. 

"Depuis cette nuit-là, on se bat", témoigne Rosa, une Franco-Portugaise de 60 ans: "On nous dit +Maintenant, il est temps d'avancer+, mais nous, on n'y arrive pas, on voudrait bien, avancer, tourner la page. Mais dites-nous comment on peut oublier ce qu'on a vécu cette nuit-là!". 

Magali, qui revoit encore les gens essayer de "grimper à un palmier" pour échapper "au camion qui accélérait et fonçait sur les poussettes", abonde: "Je suis suivie par un psychiatre depuis deux ans, j'ai dû avaler tous les antidépresseurs et les somnifères possibles, je ne dors plus que trois heures par nuit parce que je me réveille en hurlant, j'ai l'impression que les corps sont autour de mon lit". 

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