Lu dans la presse
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Publié le 30 Avril 2018

#France - Partir pour ne plus subir l'antisémitisme : le choix résigné de Jacki et Nathalie

Face à un antisémitisme qu'il juge de plus en plus présent, Jacki a décidé de partir en Israël. Nathalie, victime d'un acte antisémite, a déménagé.

À la tête d'une petite entreprise, époux et père comblé, Jacki Tordjman avait tout pour être heureux. Mais ce propriétaire d'un pavillon à Drancy n'en peut plus des insultes et regards malveillants qui pourrissent son quotidien. Au point que ce juif natif de Seine-Saint-Denis envisage d'émigrer en Israël. « Pas par lâcheté, car je n'ai pas peur. Mais parce que je ne peux pas laisser grandir mes enfants ici, malheureusement ».

À l'en croire, le climat a commencé à changer au début des années 2000, lors de la seconde Intifada, et s'est nettement détériorié ces dernières années. Le vendredi soir, quand il se rend à la synagogue, kippa sur la tête, ce sont des regards malveillants et des injures sifflées entre les dents. Quand il dépose ses trois enfants à l'école juive à Sarcelles, dans le département voisin, il lui arrive d'essuyer des insultes antisémites parce qu'il s'est garé en double file. Il décrit des jeunes qui passent et repassent devant l'établissement, faisant patiner les roues de leur voiture avant d'accélérer brutalement.

 

Nathalie (nom d'emprunt) a déménagé d'une ville à l'autre de Seine-Saint-Denis après le cambriolage de son pavillon. Suivi, peu de temps après, d'une expérience traumatisante : un jour, elle a trouvé sa voiture couverte de tags antisémites. Le mot « juif » gravé sur la portière, des étoiles de David et « Israël » peints à la bombe sur la carrosserie. Après avoir vécu un temps chez ses parents, cette mère de trois enfants occupe un F3 en HLM, ce qu'elle vit comme un déclassement.

Huit mois après son installation, Nathalie n'a toujours pas défait ses cartons. Pour ne pas alarmer ses enfants, elle « étouffe » sa peur et pleure quand elle est seule. C'est un « antisémitisme étouffé », dit-elle. Pour autant, elle ne ressent pas de haine. « On continue à vivre comme avant, à côtoyer nos petits commerçants qu'on adore, notre boulanger qui est Tunisien, mon primeur qui est Turc. Et je ne veux pas que ça change », dit cette quinquagénaire qui se définit comme une « Française d'origine juive ».

Publié dans Le Point le 28 avril 2018, lire l'intégralité ici

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