Lu dans la presse
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Publié le 11 Janvier 2017

#France - "Pour éviter de nouveaux drames, il faut poser la question des failles du renseignement"

Une enquête de deux ans faite pas deux journalistes français

Dans une longue enquête fouillée intitulée Où sont nos espions ? co-écrite avec son confrère Christophe Dubois, le journaliste Éric Pelletier passe en revue les failles des services de renseignement français dans leur traque contre le terrorisme islamiste ces deux dernières années.
 

LE FIGARO. - S'il y a eu autant d'attentats sur le sol français ces deux dernières années, est-ce la faute de nos services de renseignement?
Éric PELLETIER*. - Les attentats de 2015 et 2016 portent la marque d'al-Qaida et de Daech. Ne nous trompons pas d'ennemi! La menace terroriste n'a jamais été aussi importante, la France étant devenue l'ennemi numéro un des djihadistes. Nos agents sont en première ligne pour les contrer. Cela dit, il faut absolument se poser la question des failles pour éviter de nouveaux drames. «À la guerre, il est interdit de se tromper deux fois», dit un proverbe latin. Les services de renseignement français souffrent de plusieurs manquements. D'abord cette réalité mathématique, purement quantitative: il y a 700 djihadistes français sur les théâtres d'opérations extérieurs auxquels il faut ajouter 10.500 islamistes radicaux susceptibles de passer à l'acte sur notre sol. Or la DGSI n'est en mesure de surveiller physiquement 24h sur 24h que 40 objectifs. Depuis les récentes attaques des efforts budgétaires ont été consentis et ce vide est en train d'être comblé par des embauches à la DGSE et DGSI.
 

N'est-ce pas un problème technique plutôt qu'humain?

Notre renseignement est très dépendant de la technologie américaine. Pour aller arrêter un adolescent en contact avec les djihadistes sur la chaîne Telegram, il faut passer par Washington, quand bien même il habite dans le XXe arrondissement de Paris. Cette situation peut devenir un problème lorsque l'allié devient espion, comme la révélation de la mise sur écoute de l'Élysée par la NSA l'a montré. Cette dépendance technologique nous lie les mains diplomatiquement, c'est pourquoi on a entendu aussi peu de protestations au moment de l'affaire Snowden.
 

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