Lu dans la presse
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Publié le 16 Juin 2017

#France #SarahHalimi – Une histoire française et le symptôme d’une profonde crise de civilisation

La barbarie du crime a été aggravée par des semaines de déni médiatique et politique, et par le refus d’évoquer l’hypothèse antisémite. Enquête.

Publié dans Causeur le 15 juin 2017

« Tuer un juif en France n’a-t-il aucune importance ? » Cette question hante William Attal depuis presque deux mois. Depuis cette nuit tragique où sa grande sœur a été assassinée à son domicile par Kobili Traoré, son voisin de 27 ans. Sarah Halimi, 65 ans, était mère de trois enfants. Cette ex-directrice de crèche divorcée, décrite comme « discrète, gentille, serviable », vivait depuis plus de trente ans dans une HLM parisienne, au cœur de Belleville. Le 4 avril, elle a été battue, torturée, puis défenestrée du troisième étage aux cris de « Allah akbar ». Dans la courette intérieure du 26 de la rue de Vaucouleurs où son corps a été découvert sans vie, son frère scrute les fenêtres. 

« Forcément, tous les voisins l’ont entendue hurler, il aurait fallu seulement quelques secondes pour la sauver ! » répète le petit bonhomme, la voix brisée. La pelouse arborée sépare d’à peine une dizaine de mètres deux immeubles lépreux qui se font face. Dans cette petite cité, toutes les familles se connaissent. Malgré le regard inquisiteur de la concierge, William Attal, kippa dissimulée sous sa casquette, sonne aux portes. Pour la plupart celles-ci restent closes. Les voisins qui acceptent de lui ouvrir hésitent à parler. Certains bafouillent des condoléances gênées, d’autres avouent à demi-mot avoir peur. Beaucoup prétendent qu’ils n’étaient pas là la nuit du meurtre. Personne « n’a rien vu ni entendu ».

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