Lu dans la presse
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Publié le 9 Décembre 2019

France/Antisémitisme - Début du procès de l'attaque de militaires devant le centre juif à Nice en 2015

Le 3 février 2015, l'assaillant radicalisé de 35 ans attaquait au couteau trois militaires devant un centre communautaire juif à Nice. Son procès s’ouvre ce lundi à Paris. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. En garde à vue, il avait exprimé sa haine de la France, de la police, des militaires et des juifs.

Publié le 9 décembre dans Sud-Ouest

Moins d’un mois après les massacres de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher en janvier 2015, un délinquant radicalisé attaquait au couteau trois militaires en faction devant un centre communautaire juif à Nice : le procès de Moussa Coulibaly, 35 ans, s’ouvre lundi devant les assises de Paris. L’attaque, le 3 février 2015 dans une artère commerciale très fréquentée de Nice, avait été entièrement filmée par les caméras de surveillance de la ville.

Haine de la France

L’assaillant, originaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines) et qui venait d’être refoulé de Turquie, avait blessé deux militaires avec un long couteau tandis qu’un troisième était parvenu à le maîtriser. En garde à vue, il avait exprimé sa haine de la France, de la police, des militaires et des juifs. Ce jour là, les trois militaires surveillaient l’accès à un centre communautaire abritant très discrètement, dans une cour en retrait de la rue, le Consistoire israélite de Nice, Radio Shalom et une association juive.  

Selon la vidéosurveillance, Moussa Coulibaly passe trois fois tout près des soldats dans l’heure précédant l’agression, ce 3 février 2015. Peu après 14h00, il se dirige vers un premier militaire, fait tomber devant lui un sac contenant une bouteille d’eau pour faire diversion, se saisit du couteau dissimulé dans sa manche et lui porte un coup, le blessant à la lèvre et à l’avant-bras. Il frappe au visage un deuxième militaire venu au soutien de son collègue, avant que le troisième soldat ne le fasse chuter au sol, permettant son interpellation. 

« Prosélytisme agressif »

Jusqu’à son passage à l’acte, Moussa Coulibaly, qui n’a pas de lien de parenté avec Amédy Coulibaly  (auteur des attentats de Montrouge et de l’Hyper Cacher), était surtout connu pour des faits de droit commun, tous commis à Mulhouse entre avril 2006 et novembre 2009 : vol à l’étalage, violences, usage de stupéfiants, outrage à personnes dépositaires de la force publique. 

Peu avant l’attaque, il avait toutefois été repéré par les services de police après un signalement car il faisait du « prosélytisme agressif » dans une salle de sports de Mantes-la-Jolie, dont il avait été expulsé, selon des sources concordantes. Le 25 janvier 2015, il avait quitté, en toute discrétion, son domicile pour rejoindre Nice. Il était ensuite parti pour la Corse, où il ne restera qu’une nuit, avant de prendre un vol pour la Turquie -porte d’entrée de la route du jihad en Syrie- en passant par Rome. 

Alertée, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait demandé aux autorités turques de le refouler, ce qu’elles avaient fait le 29 janvier.

À son retour en France, Moussa Coulibaly, entendu par la DGSI, avait nié vouloir se rendre en Syrie, affirmant qu’il faisait du tourisme. Surveillé par des policiers du renseignement, il avait été vu à Nice menant une vie de vagabond désoeuvré dans les jours précédant l’attaque. 

Jugé pour « association de malfaiteurs terroriste » et « tentatives d’assassinats terroristes », Moussa Coulibaly encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu jeudi.

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