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Publié le 3 Décembre 2018

France/Mémoire - 500 jeunes Franciliens dans l’horreur d’Auschwitz

Ils viennent de Paris, Stains ou Saint-Germain-en-Laye. Ces lycéens et apprentis d’Ile-de-France ont découvert le plus grand camp d’extermination nazi lors des voyages de mémoire organisés par la région. Francis Kalifat, le Président du Crif, faisait aussi partie de la délégation.

Publié le dans Le Parisien

Il fait - 7 °C ce matin-là,- 10 en ressenti, à Oswiecim. C’est comme ça, en fait, que se nomme cette ville polonaise. Mais depuis que les Nazis y ont établi leur plus grand camp d’extermination, on ne l’appelle plus que sous son nom allemand d’Auschwitz.

Cette année encore, comme il le fait depuis 2000, le conseil régional, en partenariat avec le Mémorial de la Shoah, a emmené des lycéens et apprentis d’Ile-de-France visiter ce symbole de la barbarie du régime d’Adolf Hitler. D’Alfred-Nobel à Clichy-sous-Bois, d’Utrillo à Stains (Seine-Saint-Denis), de Montaigne à Paris (VIe), de l’Essouriau aux Ulis (Essonne) ou encore du lycée international de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), plus de 500 élèves de 29 établissements publics ou privés ont effectué, fin novembre, ce douloureux voyage.

Mettre l’accent sur le «devoir de mémoire»

L’idée, c’est de les « sensibiliser sur l’histoire de la Shoah » et de mettre l’accent sur le « devoir de mémoire », d’autant plus important que les témoins de cette époque disparaissent peu à peu. Outre la journée à Auschwitz-Birkenau, les ados se sont rendus au Mémorial, à Paris (IVe), au Mont Valérien, aux anciens camps de Drancy (Seine-Saint-Denis) et de Pithiviers (Loiret). Ils ont écouté les témoignages d’anciens résistants et de rescapés des camps.

Près d’1,5 million de personnes, des Juifs dans la très grande majorité, mais aussi des Tziganes, des homosexuels et des résistants, ont été exécutés à Auschwitz. De ce camp, les jeunes Franciliens ont d’abord découvert, comme eux, « Juden rampe », la rampe des Juifs, une extension de la gare de marchandise aménagée par les Allemands. Le terminus, notamment, des 62 convois partis de France entre juin 1942 et mai 1944. « Les gens montaient dans le train à Drancy, à Bobigny, Beaune ou Pithiviers et les portes ne s’ouvraient qu’ici », raconte Olivier Lalieu, historien au Mémorial. Parmi les 63 000 passagers, on dénombrait plus de 10 000 enfants.

Horrifiés devant cet amas de cheveux de femmes

Malgré le froid, la fatigue et l’émotion, les élèves ont parcouru sans broncher cet immense camp de 175 ha que plus de 80 % des déportés ont à peine eu le temps de découvrir puisqu’on les emmenait dans les chambres à gaz dès la descente du train. Les jeunes Franciliens ont vu les vestiges de ces chambres à gaz et des fours crématoires, détruits, avant leur départ, par les Nazis soucieux d’effacer les traces de leur crime. Ils se sont horrifiés devant ces tas de chaussures, de valises, de lunettes, de prothèses, enlevés aux prisonniers et surtout cet amas de 2 tonnes de cheveux de femmes utilisés dans l’industrie textile, que les responsables du camp n’ont pas eu le temps d’expédier en Allemagne.

« Une expérience extraordinaire »

« C’est terrible. Je n’arrive pas à comprendre », répète Serge Benhaïm, président de la communauté juive du XIe arrondissement de Paris, qui a accompagné, comme ses collègues de Créteil (Val-de-Marne) et de Sarcelles (Val-d’Oise), le groupe de lycéens. « C’est une expérience extraordinaire pour vous, qui vous met en face de cette tragédie, souligne Eric de Rothschild, président du Mémorial en s’adressant aux élèves. Quand vous verrez quelqu’un se faire embêter à cause de sa différence, j’espère que ce voyage vous donnera la force et le courage de prendre sa défense. »

Depuis que la région a lancé cette action, en 2000, sous l’impulsion de son ex-président PS, Jean-Paul Huchon, près de 90 000 jeunes issus de 300 lycées ou CFA d’Ile-de-France ont visité le camp d’Auschwitz-Birkenau.

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