Lu dans la presse
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Publié le 26 Février 2020

Haine en ligne - Laetitia Avia : "Il faut lutter conte la haine sur Internet"

La députée LREM, Laetitia Avia, qui a déposé une proposition de loi contre la haine sur Internet, appelle les sénateurs à répondre présent dans ce combat.

Publié le 24 février dans Ouest France

La député Laetitia Avia a rejoint dès sa création le mouvement En marche, devenu La République en marche. Dans cette tribune, elle explique les dangers liés aux usages des réseaux sociaux. Elle avait déposé une proposition de loi dans ce sens, adoptée par l’Assemblée nationale en juillet 2019, et regretté qu’elle ait été "vidée de sa substance" au Sénat, en décembre dernier. Le 26 février, il sera donné une nouvelle occasion aux sénateurs de participer à une lutte plus efficace autour de l haine sur les réseaux sociaux. Elle interpelle à ce sujet.

"Commentateurs et politiques de tous bords, en condamnant unanimement cet acte, semblent s’accorder sur un point : si une telle atteinte à notre démocratie a pu être orchestrée, c’est aussi parce qu’Internet, et les réseaux sociaux en particulier, le permettent. Telle une onde de choc, la diffusion massive d’une vidéo intime violant la vie privée de Benjamin Griveaux a éveillé la conscience collective sur les dangers liés aux usages des réseaux sociaux.

Dans cette sordide affaire, si les premiers responsables sont bien à rechercher du côté de ceux qui ont publié cette vidéo, on ne peut nier la responsabilité de chaque personne l’ayant diffusée, ni celle des réseaux sociaux, utilisés comme outil de propagation efficace, tant leur viralité peut être violente et dévastatrice.

Car lorsqu’il s’agit de nuire, peu importe qu’une information soit vraie ou fausse, que sa publication soit légale ou non : le mal est fait par sa viralité. Et notre droit actuel n’est pas suffisamment dissuasif."

Quels remèdes ?

"C’est pour remédier à cela que j’ai déposé une proposition de loi contre la haine sur Internet, largement votée par l’Assemblée Nationale, à 434 voix, en juillet 2019, avant d’être vidée de sa substance par le Sénat en décembre.

Aussi, je me félicite qu’à l’aune de l’Affaire Griveaux, le Président du Sénat Gérard Larcher, ait pris pleine conscience des enjeux auxquels nous devons faire face, appelant dans un tweet à « réguler les torrents de boue qui se déversent sur les réseaux sociaux » et rappelant que la liberté d’expression a des limites. Ce mercredi, le Sénat aura l’occasion de consacrer dans la loi des actes répondant à l’indignation exprimée.

L’injure haineuse, qu’elle soit raciste, antisémite, sexiste ou encore homophobe est un délit. C’est pourquoi nous imposerons aux plateformes de supprimer ces contenus dans un délai maximum de 24h. Il n’y a pas de liberté d’expression quand on porte atteinte à la dignité humaine. Il est grand temps que nous affirmions clairement que ce qui n’est pas toléré dans l’espace public ne doit pas l’être sur les réseaux sociaux.

Pour rendre effective cette obligation, les plateformes seront responsabilisées et pourront payer une amende jusqu’à 1,25 millions d’euros si elles ne respectent pas cette obligation. Il ne s’agit pas ici de leur confier les clefs d’une censure qu’elles exercent déjà à leur bon vouloir, mais au contraire de contrôler les systèmes de modération en leur indiquant ce qu’elles doivent retirer, quand et comment.

Nous demanderons aussi aux plateformes de mettre en œuvre les moyens adéquats pour lutter contre ces messages de haine : modération humaine, transparence, coopération judiciaire, lutte contre la viralité des contenus illicites etc. Il nous faudra aussi restituer la “peur du gendarme” en créant un parquet numérique et en ayant des interlocuteurs maîtrisant le numérique, du dépôt de plainte jusqu’au jugement.

Adapter notre droit au fonctionnement du numérique est un enjeu majeur pour la défense de notre démocratie et de notre souveraineté face aux règles édictées par les géants du numérique. Chaque jour, nombre de nos concitoyens sont victimes de la haine sur Internet. Notre silence face à cette situation qui détruit des vies est vécu comme une double peine tant ils attendent une action forte des pouvoirs publics.

Le 26 février, il sera donné une nouvelle occasion aux sénateurs de répondre présents dans cette lutte contre la haine sur internet, au-delà de l’indignation consensuelle et des bons sentiments, en votant des dispositifs exigeants pour enrayer ce fléau."

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