Lu dans la presse
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Publié le 2 Novembre 2012

Intervention de Rav Yaacov Monsonego - Cérémonie d’hommage aux victimes de l’attentat du 19 mars 2012

Discours intégral téléchargeable en PDF ci-dessous.

VIDEO - Ecole Ohr Torah -Toulouse– Jeudi 1er Novembre 2012

 

«C'est un honneur pour moi de vous recevoir dans cette école qui a tant souffert et j'aurais tant aimé vous accueillir dans d'autres circonstances. Mais un acte monstrueux a brisé ma vie d'homme.» Père de la petite Myriam, 7 ans, assassinée lors de la tuerie, directeur de l'école Ohr Torah, Yaacov Monsonego, face à l'assistance, est le premier à s'exprimer. Sa voix est faible et manque de se briser dès le début. «Ce jour-là, un effrayant sentiment de solitude s'est emparé de moi. Comment continuer ? Où trouver la force de se lever ?» 

La veille du drame, nous avions conversé au téléphone. Nous avions parlé de Pâques que nous devions passer ensemble. Le lendemain, il n'était plus parmi nous

Et quand il évoque sa fille, cet homme frêle, qui ne s'était jamais exprimé publiquement et dont on devine qu'il confie rarement sa peine, ne peut retenir un sanglot. «Ce matin-là, j'ai lâché la main de la petite Myriam et deux minutes plus tard, elle était exécutée froidement parce qu'elle était juive.» Hier (1er novembre 2012), avant que les hommes d'État ne s'expriment, trois proches des victimes ont ainsi pris la parole au pupitre de la tribune dressée dans le gymnase. Un temps fort écouté dans un silence religieux.

 

Leçon de vie

 

Mère de Gabriel, 4 ans, et Arieh, 5 ans, épouse de Jonathan, tous trois tués le 19 mars, Eva Sandler a livré une leçon de vie. Elle aussi parle d'une voix peu forte. «L'épreuve doit être utilisée comme un support pour nous construire», avance cette jeune femme qui, quelques jours après la tuerie s'impliquait dans le soutien à la communauté traumatisée. «Nous ne voyons pas toujours ceux qui nous entourent, poursuit-elle. Nous voyons souvent dans l'autre ce qu'il peut nous apporter et non ce que nous pouvons lui donner

 

Évoquant la mémoire de ses proches, elle s'interroge : «Je me demande souvent ce qu'ils attendent de moi aujourd'hui. Peut-être que je réfléchisse et que je fasse réfléchir. Surtout pas que je vive comme une victime

 

«Que la recherche de l'idéal ne passe pas par le désir de détruire l'autre», demande Eva Sandler. Reprenant une citation, elle clôt son intervention comme elle l'avait commencée : avec la volonté d'aller de l'avant et avec optimisme. «Il faut savoir vivre avec la douleur», avait-elle dit. «Un peu de lumière chasse beaucoup d'obscurité», assure-t-elle enfin.

 

À Versailles où il habite, Samuel, le père de Jonathan, prend la parole chaque année lors de la journée de la Déportation. À la tribune, hier, il rappelle les propos qu'il prononce alors, la déportation de 34 filles à Louveciennes, le 22 juillet 1944, «alors que les alliés se trouvaient à 50 km». «Je croyais qu'au XXIe siècle en France, il était impossible qu'on puisse tuer des enfants devant une école juive», assure-t-il.

 

La présence de son fils est toujours vive : «La veille du drame, nous avions conversé au téléphone. Nous avions parlé de Pâques que nous devions passer ensemble. Le lendemain, il n'était plus parmi nous

 

À la fin de son intervention, Yaacov Monsonego, qui s'était aussi adressé en hébreu au Premier ministre, est descendu de l'estrade. Benyamin Netanyahu s'est dirigé vers le père de famille et l'a étreint dans ses bras. Puis François Hollande à son tour. «Aujourd'hui, avait lancé le directeur quelques instants plus tôt, la vie a repris son cours et notre regard est tourné vers l'avenir. Mais la douleur continuera à nous habiter. La plaie reste béante

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