Lu dans la presse
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Publié le 19 Janvier 2018

#Israel - Amos Oz, David Grossman, Etgar Keret appellent Netanyahou à ne pas expulser les demandeurs d'asile

"Nous vous demandons d'agir moralement, humainement et avec compassion, en accord avec les valeurs dignes du peuple juif... Sinon, nous n'aurons plus aucune raison d'exister", écrivent 35 auteurs israéliens au Premier ministre.

Publié le 18 janvier 2018 dans Haaretz sous le titre Amos Oz, David Grossman, Etgar Keret Implore Netanyahu: Do Not Deport Asylum Seekers

Jeudi, trente-cinq auteurs israéliens ont écrit une lettre ouverte au Premier ministre Benjamin Netanyahou l'invitant à ne pas expulser les demandeurs d'asile. "Nous vous demandons d'arrêter la déportation des demandeurs d'asile d'Erythrée et du Soudan, des hommes et des femmes portant des terribles cicatrices marquant leur corps et leur âme, témoins de leurs voyages et des camps de torture au Sinaï, et des enfants, nés en Israël qui ne demandent qu'une chose : vivre", ont-il écrit. Parmi les signataires de la lettre également envoyée aux membres de la Knesset, les auteurs David Grossman, Amos Oz, A.B. Yehoshua, Meir Shalev, Etgar Keret, Zeruya Shalev, Orly Castel Bloom et Noa Yadlin ainsi que les dramaturges Edna Mazya et Joshua Sobol.

"A la lumière de l'immense vague de réfugiés qui inondent le monde, le nombre de demandeurs d'asile en Israël représente moins de la moitié d'un pour cent de sa population et ses frontières sont bloquées depuis 2012". "Israël n'a pas de problème de réfugiés et n'a aucune difficulté économique à les accepter, à légaliser leur situation et à les orienter vers des emplois dans les secteurs du soin, de l'agriculture et de la construction qui réclament sans cesse des travailleurs.

Alors que quelques 100 000 ressortissants étrangers originaires d'Europe de l'Est sont en Israël sans permis de séjour, ils ne sont ni persécutés ni expulsés de force. C'est envers les 35 500 demandeurs d'asile originaires d'Afrique - qui fuient le danger et la misère, et qui ont besoin de toutes les protections possibles - que le gouvernement israélien exerce des persécutions et des déportations forcées », précise la lettre.

Les auteurs ont déclaré que l'affirmation du gouvernement selon laquelle ces personnes ne sont pas des demandeurs d'asile est "sans fondement" et ont averti que la torture et même l'exécution les attendaient dans le pays où ils seront renvoyés. "Notre histoire en tant que peuple se retourne dans sa tombe, et vous avez le privilège d'arrêter cela."

Les auteurs ont précisé que les déportations devraient commencer juste avant la Journée internationale pour les victimes de l'Holocauste : "Nous vous demandons d'agir moralement, humainement et avec compassion, en accord avec les valeurs dignes du peuple juif et d'arrêter la déportation des réfugiés vers l'enfer qu'ils ont eu le courage de fuir. Sinon, nous n'aurons plus aucune raison d'exister."

"Les auteurs ont écrit la lettre alors qu'un certain nombre d'autres déclarations publiques et de protestations sont en cours, en opposition à la déportation des demandeurs d'asile. Des centaines de personnes ont pris part mercredi à une manifestation devant la Knesset, initiée par les députés Michal Rozin (Meretz), Eyal Ben-Reuven (Union sioniste) et Dov Khenin (Liste commune). Un événement similaire parrainé par l'Institut Hartman et Rabbins for Human Rights a eu lieu mardi. Des manifestations ont également eu lieu mardi devant les maisons des ministres et des membres de la Knesset à Jérusalem, Tel Aviv, Beer Sheva et Haïfa. Eli Nehama, directeur de l'école Bialik-Rogozin à Tel-Aviv, qui a accueilli de nombreux enfants de demandeurs d'asile, a également appelé le gouvernement à empêcher la déportation en avertissant qu'une telle politique serait immorale et serait une tragédie pour les générations à venir.

Le directeur national de la Ligue anti-diffamation (ADL), Jonathan Greenblatt, a écrit lundi à Netanyahu : "La nature radicale de ce projet de déportation, associée à l'extrême difficulté d'accès au système d'asile israélien, a un impact dévastateur sur la communauté réfugiée en Israël et trahit les valeurs fondamentales que nous partageons en tant que juifs."

Le Crif vous propose :

  • 'It is better to go to jail': the African migrants being forced from Israel dans The Guardian

 

 

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