Lu dans la presse
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Publié le 22 Juillet 2020

Israël/Cinéma - Né à Jérusalem (et toujours vivant), une idée explosive (en salle aujourd'hui)

Le film est à découvrir dès le mercredi 22 juillet dans les salles françaises !

Publié le 21 juillet 2020 dans Le Figaro

À Jérusalem, la rue Jaffa est celle qui a vu le plus d’attentats dans le monde, encore aujourd’hui. Un fait qui n’a pas échappé à Ronen, jeune Israélien qui s’empresse de rétablir cette vérité auprès de la guide qui raconte aux touristes l’entrée du général Allenby dans la ville en désignant la place qui porte son nom. Ronen l’interrompt pour raconter les attentats qui s’y sont déroulés depuis qu’il est tout petit. La guide bat en retraite et l’idée germe dans l’esprit du jeune homme: il décide d’organiser des visites guidées sur les lieux où les bombes ont explosé. «Il faut bien commencer quelque part», juge Simon, son meilleur ami, quand Ronen lui raconte sa première journée passée en compagnie de deux Japonais. Qui s’avérera être le début du succès.

"Dans Né à Jérusalem (et toujours vivant), Yossi Atia et David Ofek, respectivement 41 et 52 ans, suivent Ronen (Yossi Atia lui-même) qui déclare vouloir partager un «héritage» et se «préparer» aux catastrophes à venir. Il refuse en effet d’être payé, au grand dam de son père dont la santé est fragile, sa mère est morte dix ans auparavant.Grâce à cet humour, ce sujet dont personne ne veut parler devient peu à peu un thème dont tout le monde peut et doit parler, librement et sans culpabilité" Yossi Atia, coréalisateur

Ce premier long-métrage pour Yossi Atia (David Ofek en a déjà coréalisé deux) a bien des airs de documentaire. Et valeur de témoignage. Ronen dévoile les lieux de violences meurtrières, les mémoriaux et des photographies des attentats. En rappelant le nombre de victimes sur chaque «site», il pousse le bouchon jusqu’à proposer aux touristes de réagir comme s’ils venaient d’assister à une attaque terroriste, d’appeler un proche avec de vieux téléphones portables qu’il leur prête. «Mon film tente de redécouvrir l’endroit où l’on naît, vu sous un autre angle. Le regard que je porte sur Jérusalem, ma ville natale, est fait de plusieurs points de vue: traumatisé, nostalgique, fantastique, personnel et fictif», signale Yossi Atia, également auteur de ce scénario très bien écrit.

Étonnamment, le film n’est pas triste, il contient même des touches de légèreté, comme des respirations salvatrices. «Amusez-vous bien», enjoignent les guides aux participants du tour. «Grâce à cet humour, ce sujet dont personne ne veut parler devient peu à peu un thème dont tout le monde peut et doit parler, librement et sans culpabilité», indique Yossi Atia. Et puis l’amour s’invite dans cette quête existentielle. Ronen tombe sous le charme d’Asia, 28 ans, née à Tel-Aviv et qui vit à Barcelone. Cette jolie étudiante prépare un mémoire sur l’architecture de Jaffa. Le présent se mêle au passé mais l’avenir s’annonce souriant.

« Né à Jérusalem (et toujours vivant)», comédie de Yossi Atia et David Ofek, avec Yossi Atia, Lihi Kornowski. Durée 1 h 23. En salle en France à partir du 22 juillet 2020.

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