Lu dans la presse
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Publié le 19 Mai 2020

Israël/Culture - Les danseurs de la compagnie Batsheva lancent leur festival en ligne

Pour remplacer leur rendez-vous annuel, les différents membres de la compagnie israélienne se sont mobilisés pour offrir, du 15 mai au 24 mai, un programme de cours, performances et concerts réalisés depuis chez eux.

Publié le 15 mai dans Le Monde

Du 15 au 24 mai, batshevacreates.com

Se serrer les coudes, mutualiser ses ressources. Pour la première fois, le rendez-vous annuel Batsheva Dancers Create, créé en 2003 à Tel-Aviv et présentant des créations inédites des interprètes de la troupe israélienne Batsheva, bascule dans le numérique. Du 15 au 24 mai, sur un site spécialement ouvert pour l’occasion, le nouveau festival Batsheva Creates Online déploiera un programme quotidien de cours, performances et concerts réalisés de chez eux par les 28 membres des deux groupes de la Batsheva : la Compagnie et le Young Ensemble.

« C’est la première fois que nous collaborons tous ensemble, précisent les danseurs Ben Green et Etay Axelroad, deux des quatre responsables de l’opération, avec Guy Davidson et Danai Porat. Nous avons commencé à penser à ce rendez-vous en ligne dès le début du confinement, le 1er avril. Dans le contexte du Covid-19, il était important de combiner nos forces dans une entreprise commune. Nous avons toujours des plannings de tournée différents, et il est rare que nous soyons tous disponibles au même moment. »

Moyens du bord

Autant donc en profiter, non seulement pour se maintenir en forme, mais pour faire pulser sa créativité. Et sur ce terrain, les interprètes furieusement virtuoses et inventifs de la Batsheva ne manquent pas de munitions. Chacun chez soi, entre la cuisine, la chambre, la douche et l’entrée de l’immeuble, un menu apéritif a été concocté, comme le met joliment en scène la bande-annonce réalisée par César Brodermann sur le site de la manifestation. « Nous avons choisi, en raison de la crise sanitaire, le thème des limites, qu’elles soient spatiales ou intimes, poursuit Ben Green. Chacun travaille avec son téléphone portable ou une webcaméra. »

Moyens du bord, donc, pour un plongeon dans les conditions de vie de chacun, dont celles d’un livreur à vélo à Tel-Aviv. A la renverse sur la balustrade de son petit balcon, la chorégraphe Yarden Bareket se réveille en mesurant son aire de jeu pour mieux basculer dans un bon rock qui fouette. Avigail Shafrir et Yoni Simon ont transformé leur toit en mini-plage avec fauteuils pliants et piscine gonflable, ça éclabousse sur un mambo de Perez Prado. « Il y aura évidemment des solos et des duos, lorsque les danseurs confinent en couple, mais aussi une création de groupe à distance en live sur Facebook, ajoute Etay Axelroad. Une galerie virtuelle pour le public sera ouverte pour y envoyer photos, dessins, poèmes. »

Avec une mise sur orbite depuis Tel-Aviv, vendredi 15 mai, en soirée, « parce que nous avons un énorme public aux Etats-Unis », une dizaine de propositions seront mises en ligne quotidiennement jusqu’au 24 mai, en accès libre, et disponibles pendant vingt-quatre heures « Nous avons la chance, ici, de continuer à être payés par la compagnie dirigée par Ohad Naharin, et le festival est aidé financièrement par le fonds Michael Sela pour l’aide aux jeunes talents de la Batsheva », soulignent Ben Green et Etay Axelroad. Une excellente nouvelle dans un contexte mondial où la plupart des danseurs, en particulier les indépendants, se retrouvent actuellement sans emploi ni soutien.

Du 15 au 24 mai, batshevacreates.com

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