Lu dans la presse
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Publié le 23 Mai 2016

"L'alyah interne" des juifs franciliens

Les juifs franciliens fuient l'insécurité de l'Est et du Nord parisiens, ce qui n'est pas sans conséquence.

Publié dans Le Point le 20 Mai 2016

Un jour d'été, Alain Benhamou retrouve son logement cambriolé pour la seconde fois. Sur un mur, une insulte : « Sale juif ». Les mots de trop : il décide de partir. Comme lui, des juifs déménagent en nombre pour fuir l'insécurité, une « alya interne » à l'Ile-de-France qui interpelle. La France compte la plus importante communauté juive d'Europe, avec un demi-million de personnes. La moitié vit en région parisienne, où les chercheurs constatent une « forte mobilité géographique d'une partie de cette population », globalement de l'Est vers l'Ouest parisien, explique à l'AFP Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'Ifop. Ce mouvement s'ajoute aux chiffres déjà spectaculaires de l'« alya », l'émigration juive vers Israël, qui a atteint près de 8 000 départs en 2015. Sans compter les installations dans d'autres pays, comme la Grande-Bretagne, les États-Unis ou le Canada, à un niveau comparable à celui de l'alya.

En Ile-de-France, « sur une quinzaine d'années, des effectifs de populations ou de familles juives se sont effondrés dans toute une série de communes de Seine-Saint-Denis », relève le politologue. « À Aulnay-sous-Bois, le nombre de familles de confession juive est ainsi passé de 600 à 100, au Blanc-Mesnil de 300 à 100, à Clichy-sous-Bois de 400 à 80 et à La Courneuve de 300 à 80 », recense-t-il dans son ouvrage L'An prochain à Jérusalem, se basant sur des données communautaires. Le phénomène commence lors de la seconde Intifada, en 2000. Le conflit israélo-palestinien s'exporte alors dans la métropole, avec « une multiplication exponentielle des actes et menaces antisémites, qui rendent la vie quotidienne très difficile dans un certain nombre de quartiers ». Lire l'intégralité.

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