Lu dans la presse
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Publié le 24 Septembre 2019

L'article de presse que vous avez le plus lu cette semaine

L’Union libérale israélite de France et le Mouvement juif libéral de France, deux grandes associations membres du Crif, s’unissent dans "Judaïsme en mouvement".

Cet article avait été publié dans le newsletter du 24 septembre 2019. Il est l'article de presse que vous avez le plus lu cette semaine. 

France/Judaïsme - Deux communautés juives libérales se regroupent pour «porter une parole juive moderne»

Publié le 23 septembre 2019 dans Le Monde

Un nouvel acteur du judaïsme libéral devrait voir le jour à Paris, lundi 23 septembre au soir. Cette nouvelle association s’appellera Judaïsme en mouvement, soit JEM. Une future « maison commune » devrait naître de la volonté de deux institutions actuelles, l’Union libérale israélite de France (ULIF), établie depuis 1907 à la synagogue de la rue Copernic, dans la capitale, et le Mouvement juif libéral de France (MJLF), né en 1977 d’une scission de la précédente, dont la figure la plus connue est le rabbin Delphine Horvilleur.

En œuvrant ensemble, les deux institutions veulent se donner les moyens de rayonner au-delà de leur public actuel (un millier de familles pour le MJLF, près du double pour l’ULIF) et de toucher des juifs, notamment hors de Paris, qui ne trouveraient pas de réponses adaptées à leurs aspirations dans les synagogues orthodoxes, majoritaires.

« Nous voulons porter une parole juive moderne ensemble », résume Jean-François Bensahel, président de l’ULIF. L’ULIF et le MJLF se rattachent tous deux à un courant qui, très minoritaire en France, est nettement plus influent dans d’autres pays, dont les Etats-Unis. Il se distingue du courant orthodoxe notamment par l’usage du français, parallèlement à l’hébreu, durant les offices, et par une stricte égalité entre hommes et femmes « dans la vie communautaire et cultuelle », comme le prévoit la charte des rabbins de la JEM.

Chez les libéraux, hommes et femmes prient ensemble, les femmes peuvent « monter à la Torah » et aussi être rabbin. Le judaïsme libéral considère que la loi juive peut évoluer, notamment pour répondre à l’évolution des sociétés (comme, par exemple, l’égalité homme-femme). Il favorise une adaptation aux conditions de vie actuelles de certaines prescriptions.

« Maison commune »

La mouvance libérale apporte aussi des réponses plus souples que le judaïsme orthodoxe aux défis posés par les mariages mixtes et par la transmission de la judaïté aux enfants dont seul le père est juif. « Nous sommes prêts à accueillir tous les enfants de couples mixtes », assure M. Bensahel. « Quelle que soit votre structure familiale, vous êtes les bienvenus », ajoute Gad Weil, président du MJLF. La charte commune parle de « facilitation de la reconnaissance des enfants issus de couples exogamiques ».

« Nous sommes de plus en plus souvent interpellés par nombre de familles ne se reconnaissant pas dans les communautés existantes, notamment en dehors de Paris, témoigne Jean-François Bensahel. On a en face de nous un public important qui est en dehors de tout le système. »

« Nous voulons rassembler les familles juives esseulées, n’appartenant pas à une communauté, explique Gad Weil. Leur donner une maison commune pour un judaïsme vivant et égalitaire. Mais seuls, nous sommes trop petits pour créer les outils qui nous permettraient de les atteindre. » Il évoque pour l’avenir une « synagogue digitale » ou des offices en streaming.

Regrouper le courant libéral, c’est aussi vouloir le rendre plus audible face au judaïsme lié au Consistoire, l’institution représentative créée en 1808 à la demande de Napoléon Ier. Les deux protagonistes le reconnaissent, tout en inscrivant leur initiative dans une tradition de pluralisme. « Le judaïsme, c’est tout sauf du monolithisme ! », rappelle Jean-François Bensahel. « Nous ne sommes pas une alternative d’opposition, mais de choix. Il y a toujours eu plusieurs écoles, même si l’héritage napoléonien consistorial a pu donner l’impression qu’il y avait une autorité religieuse unique. Dans les autres pays, ce n’est pas le cas », conclut Gad Weil.

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