Lu dans la presse
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Publié le 20 Novembre 2019

L'article de presse que vous avez le plus lu cette semaine

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner affirme au Figaro qu’il est «important» que le texte soit voté à l’Assemblée le 3 décembre.

Cet article avait été publié dans le newsletter du 20 novembre 2019. Il est l'article de presse que vous avez le plus lu cette semaine. 

France/Antisionisme - La résolution contre l’antisémitisme suscite des remous dans la majorité

Publié le 19 novembre dans Le Figaro

Sylvain Maillard ne s’attendait pas à de telles difficultés. Le député La République en marche, auteur d’une proposition de résolution - d’apparence consensuelle - visant à lutter contre l’antisémitisme, fait face à une vive hostilité de la part de ses collègues. Ce texte, rédigé en février dernier - au lendemain de l’agression d’Alain Finkielkraut par des «gilets jaunes» - vise à adopter la définition de l’antisémitisme telle qu’elle est présentée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) et donc à reconnaître l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme. Le vote symbolique, initialement prévu en mai dernier, a d’abord été repoussé au mois d’octobre. Il vient finalement d’être inscrit à l’ordre du jour du 3 décembre prochain.

Or, plusieurs responsables du groupe LREM, dont Sylvain Maillard, craignent que la proposition de résolution ne soit pas adoptée, ou bien d’une très courte majorité - et ce grâce aux voix des Républicains. «C’est difficile, car tout le monde a un avis tranché sur cette question, explique au Figaro l’élu macroniste de Paris. Je vois les députés un par un pour tenter de lever les fantasmes, d’autant que les lobbys pro-palestiniens mènent une campagne active contre mon texte.» Selon nos informations, seul un tiers des députés LREM seraient prêts à signer la résolution. Ils sont autant à y être farouchement opposés, susceptibles de voter contre ou bien de s’abstenir. Le dernier tiers n’aurait pas exprimé d’avis tranché. «Pour moi, c’est simple: le 3 décembre, j’irai à la pêche, fait savoir un élu réfractaire. Je suis mal à l’aise avec ce texte, qui revient à du clientélisme.»

«Ceux qui s’y opposent sont des pisse-froid», peste un ministre

Les opposants au texte ont eu l’occasion d’exprimer leur désaccord, mardi 12 novembre, au cours d’une réunion de groupe agitée. «La manifestation contre l’islamophobie, deux jours plus tôt, a cristallisé les réticences», décrypte Sylvain Maillard. Des élus, parmi lesquels Fiona Lazaar, ont ainsi évoqué «des réserves sur le calendrier». D’autres émettent des doutes sur la rédaction du texte, y voyant le risque d’instaurer l’interdiction de critiquer l’existence de l’État d’Israël. «J’aurais préféré que la résolution porte sur toutes les discriminations. Or, en l’état, elle apporte des gradations et laisse penser que l’antisémitisme est la plus importante», juge Ludovic Mendès, député LREM de Moselle.«La faiblesse idéologique du groupe le rend très perméable aux arguments extérieurs. Il y a aussi un défaut de coordination qui n’aide pas», regrette une parlementaire. «Si on avait été trop peu nombreux, on aurait reculé», assure une responsable du groupe. Le dernier comptage faisait état d’environ 70 de signataires parmi les élus LREM et MoDem.

Contacté par Le Figaro, le ministre de l’Intérieur lui-même en appelle à l’adoption de ce texte. «Il est important que cette proposition de résolution puisse être votée dans un esprit conforme à ce que porte Sylvain Maillard. À la fois parce qu’elle a été impulsée par le président de la République (il en a pris l’engagement au dernier Dîner du Crif, ndlr). Mais aussi parce qu’aujourd’hui, plus encore qu’hier, il faut pouvoir défendre toutes les religions», exhorte Christophe Castaner. Conscient que la macronie risque d’être entravée par sa propre majorité sur ce texte, l’un de ses collègues du gouvernement s’agace: «Ceux qui s’y opposent sont des pisse-froid! Aujourd’hui, qui attaque Israël? Ce sont bien évidemment des antisémites. Aujourd’hui, dans les quartiers, le juif est devenu un adversaire fantasmé», peste ce ministre. Et de conclure: «La proposition de résolution ne dit pas la loi, elle donne un élément d’interprétation».

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