Lu dans la presse
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Publié le 30 Mars 2016

Les attentats de Toulouse et le temps des désillusions

D’autres crimes ont électrisé notre actualité, et c’est sous leur lumière qu’il faut  réfléchir sur les attentats de Toulouse.

Par Richard Prasquier, Président du Keren Hayessod France,  Président d’Honneur du Crif, publié dans Actualité Juive le 29 mars 2016
 
Président du CRIF, j’ai vécu ces événements dans l’hyperactivité exacerbée d’un cauchemar éveillé, où brillaient quelques lueurs d'espoir. Car j’ai admiré l’acharnement des services de police, la dignité de la classe politique  suspendant la campagne présidentielle, l’empathie pour les familles, les appels à la cohésion au nom du « plus jamais ça ». Mais j’ai vite compris que les partis pris et  la maladie du déni continueraient. Invité à TF1, critiquant ceux qui par leurs recensions biaisées avaient conforté un Merah prétendant «venger les enfants de Gaza », j'espérais lancer un débat, j’ai reçu une lettre scandalisée du syndicat des journalistes.
 
Après les espoirs, il y eut donc des désillusions.
 
La première concerne la sécurité. Nos services  étaient, pensait-on, les meilleurs du monde, qui avaient évité à la France les massacres de New York, Londres ou Madrid. L’assassinat d’Ilan Halimi, pourtant, n’avait  pas été  qu'une erreur de psychologie, mais une faillite du renseignement. 
 
Et les jeux  de Merah avec les services de police, ses proches qu’on retrouve en Syrie, son frère qu’il a fallu quatre ans pour envoyer aux Assises, les échecs de filature des terroristes de 2015, l’impossible répression de la délinquance quotidienne, les prisons devenues écoles d’endoctrinement, tout cela,  qui provient d'une histoire longue d’affaiblissement des fonctions régaliennes de l’Etat et ne remet pas en cause la détermination  des personnels à tous les niveaux, nourrit désormais un lourd sentiment d’insécurité.
 
« Les refus de la minute de silence furent eux-mêmes mis sous silence, alors qu’ils sont dramatiquement significatifs.»
 
La seconde désillusion fut la réaction des représentants de l’Islam. Les attentats étaient l’occasion exceptionnelle de manifester avec éclat leur rejet -indiscutable à titre personnel-  de l’extrémisme islamiste. Mais la fraternisation espérée se fracassa à  la phase devenue fétiche que les assassinats « ne représentaient pas l’Islam », ou que « les musulmans étaient les vraies victimes de Merah ». 
 
Choisir la victimisation, laisser la poussière sous le tapis, c'était légitimer la tactique des Frères musulmans, ce vrai danger qui menace une Europe aujourd’hui en décomposition, prête à s’allier à tout ce qui ne semble pas être  Al Qaida ou Daech. Cette Europe est sourde, sous la rhétorique habile d’un Tariq Ramadan, à l’idéologie intolérable de son vénéré grand-père Hassan el Banna. Les déclarations lucides et parfois très courageuses qu’on a entendues ou lues récemment seront-elles autre chose qu’un cri d’alarme contre la nonchalance?... Lire l'intégralité.

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