Lu dans la presse
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Publié le 5 Décembre 2017

#Litterature - Etgar Keret : "Mes histoires ont toujours parlé de la situation en Israël"

A l'aube des 70 ans de la création d’Israël, Etgar Keret, écrivain chouchou des Israéliens, revient dans l'Arche sur l’évolution de la littérature et celle de son pays.

Publié le 15 novembre 2017 dans L'Arche

L’enfant terrible et chéri des lettres israéliennes s’ouvre à l’Arche sur l’évolution de la littérature et celle de son pays. Etgar Keret a fait irruption sur la scène littéraire israélienne en 1992, à vingt-cinq ans, avec Pipelines (Actes Sud, 2008), un premier recueil de nouvelles qui portait déjà l’empreinte de Kafka et de Witold Gombrovicz.

Auteur compulsif, il n’a cessé depuis de graver sa marque dans le paysage littéraire israélien par son humour, son impertinence, une imagination fantasque et un sens de l’absurde qui ont influencé de nombreux jeunes auteurs. Touche à tout, ce conteur-né, auteur de centaines de nouvelles, mais aussi d’un court roman, La colo de Kneller (Actes Sud, 2001), et d’un livre fragmentaire nettement plus intimiste, Sept Années de Bonheur (Éditions de l’Olivier, 2014), consacré à son père et à son fils, a contribué au renouvellement des formes d’une littérature, jusque-là marquée par la prégnance des romans plus classiques d’Amos Oz, de David Grossmann ou encore d’A.B. Yehoshua. Également auteur de romans graphiques et de scénarios pour le cinéma et la télévision, l’enfant terrible et chéri des lettres israéliennes s’ouvre à l’Arche sur l’évolution de la littérature et celle de son pays.

L’Arche : Vous citez souvent Kafka, Isaac Babel et Kurt Vonnegut au titre de vos principales influences littéraires. Mais qu’en est-il des écrivains israéliens ?

Etgar Keret : J’aime beaucoup les livres d’Orly Castel Bloom et de Yoel Hoffmann. Ceux d’Orly ont parfois l’air d’être des pyramides construites à l’envers, tissant leurs histoires comme si elles étaient simplement mises bout à bout : comme le ferait un acrobate qui, si sûr de ses compétences, décidait d’abandonner le filet de sécurité de la narration traditionnelle. Les livres de Hoffmann, quant à eux, débordent d’imagination poétique. Tous les deux recourent constamment et sans effort à l’humour dans leur œuvre. J’ai appris d’eux la Hutzpah(l’audace) de m’autoriser à ignorer les conventions littéraires si celles-ci font obstacle à l’écriture d’une histoire ou à l’insertion d’une idée.

Depuis la parution d’Au pays des mensonges (Actes Sud, 2011), et surtout depuis celle de Sept années de bonheur, vous abordez plus directement la « situation » politique en Israël. Parler du conflit israélo-palestinien est-il inévitable quand on est un auteur israélien ?

En fait, j’ai toujours écrit des histoires qui parlaient de la « situation ». La différence avec Sept années de bonheur, c’est qu’il ne s’agissait pas de fiction. De nombreux éléments que je montrais jusque-là à travers la forme du conte ou de la métaphore, dans la fiction, apparaissaient soudain comme ils le sont dans la réalité, sans artifice.

Votre nouvelle « la Sirène », tirée de Pipelines, sans doute la plus connue, mettait en scène un jeune lycéen qui découvrait qu’un de ses camarades de classe avait volé un vélo au gardien de l’école, un rescapé de la Shoah, ancien membre des Sonderkommandos. Elle fait désormais partie des lectures obligatoires au lycée, en Israël. Comment l’expliquez-vous ?

Je l’ignore. C’est une nouvelle très provocatrice. Aussi, ai-je été surpris qu’on décide de l’enseigner à l’école.

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A lire aussi : #CULTURE - NOUVEAU NUMÉRO DE L'ARCHE DISPONIBLE : ISRAËL À L'HONNEUR ! sur le site du Crif

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