Lu dans la presse
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Publié le 18 Mai 2016

Malek Boutih : "Les politiques regardent le terrorisme comme un spectacle"

Le député socialiste, prochain invité des Amis du Crif, souhaite que la classe politique se mette "au travail" pour lutter contre le fléau djihadiste.
Publié dans le Scan Politique du Figaro le 24 avril 2016
 
Il n'a pas sa langue dans sa poche et se rappelle régulièrement au bon souvenir du gouvernement. Interrogé sur RTL, deux jours après les attentats de Bruxelles, le député socialiste de l'Essonne Malek Boutih avait lancé à la classe politique un appel à l'action sur le terrain républicain et social, pour couper les racines du phénomène djihadiste.
 
«Les politiques sont en train de regarder le terrorisme comme un spectacle, le sous-traitent à l'aspect sécuritaire, et ne font pas leur part de travail», a-t-il estimé. «Je dis les choses avec force et solennité: ça suffit les minutes de silence comme simple bilan politique. On n'arrête pas d'enchaîner des minutes de silence et, trois jours après, on retourne dans nos petites polémiques qui n'ont aucun intérêt. Si le gouvernement et les membres du Parlement ne se mettent pas au travail pour lutter contre les ghettos, les Molenbeek qu'il y a chez nous, contre les fractures, on va vers des lendemains très difficiles (...) En face, on a des gens qui essaient de nous détruire. Il est temps de comprendre qu'on est dans une autre dimension».
 
Son appel, Malek Boutih le lance avant tout à l'exécutif, qui n'a pas su selon lui prendre la mesure de la situation. «Au moment du remaniement (en février, ndlr), j'attendais que le président forme un gouvernement de guerre, que l'ensemble du pays converge dans ses efforts pour émanciper les gosses des banlieues et faire une sorte de ceinture de sécurité républicaine. Mais ça n'a pas été fait», regrette-t-il, souhaitant associer l'opposition dans le combat à mener contre le fléau djihadiste.
 
L'ancien patron de SOS Racisme a remis en juillet 2015 à Manuel Valls, dont il est proche, un rapport remarqué sur la radicalisation de la jeunesse. Il reprend ce jeudi un certain nombre de pistes évoquées dans ce document, notamment la mise sous tutelle de certains quartiers sensibles. «Dans ces endroits où les élus républicains ont échoué, où vous ne pouvez pas ouvrir un petit commerce et vendre du jambon parce qu'il y a des gens qui vous l'interdisent, où les femmes ne peuvent pas sortir comme elles veulent, l'État républicain doit reprendre les commandes», assure-t-il... Lire l'intégralité.

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