Lu dans la presse
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Publié le 11 Janvier 2017

#Monde - Maroc: Réhabilitation du patrimoine juif

Sur instruction royale, le vieux quartier de Marrakech a recouvré son nom juif

Dans le cadre de la réconciliation du pays avec son identité plurielle sur instruction royale, le vieux quartier de Marrakech a recouvré son nom juif d'origine.
Un chantier sensible mené avec prudence par le roi du Maroc depuis 2011 dont nous parle Jamaâ Baida, directeur des Archives du Maroc.
 

Le jeudi 5 janvier, le roi Mohammed VI a rebaptisé le vieux quartier de Marrakech par son nom juif d’origine ainsi que toutes les petites ruelles qu’il abrite. Le quartier Essalam (« paix » en arabe) va redevenir El mellah (« Sel » en arabe et en hébreu). Au Maroc, le mellah désigne traditionnellement les quartiers où vivaient les juifs dans les grandes villes avant leur départ massif vers Israël ou vers d’autres pays dans les années 1950 et 1960.

Selon les estimations, ils ne seraient que 2 500 juifs à vivre encore au Maroc mais des milliers reviennent annuellement en pèlerinage sur la terre qui a vu vivre leurs ancêtres ou pour visiter le pays. La monarchie marocaine cherche à réhabiliter le patrimoine de ces populations juives avec lesquelles elle a toujours entretenu un lien solide. Elle le fait avec précaution et à dose homéopathique pour ne pas secouer une société marocaine gagnée par le conservatisme. Mais son initiative reste un cas à part dans le monde arabe. Interview de Jamaâ Baida, directeur des Archives du Maroc et spécialiste du judaïsme marocain.

Jeune Afrique : Que signifie pour vous l’initiative royale consistant à rebaptiser le vieux quartier de Marrakech par son appellation juive d’origine ?
Jamaâ Baida: Je pense que c’est un signal fort qui s’inscrit dans un processus lancé par la Constitution de 2011 qui a mis en avant notre identité plurielle. Le Maroc est juif, chrétien, musulman, amazigh, arabe et africain. On doit en faire un motif de fierté et non en avoir honte. Jusqu’à présent, ce sont surtout les cercles académiques qui avaient appelé à la réhabilitation de l’identité juive dans notre patrimoine architectural. Maintenant, c’est le chef de l’État qui porte cette initiative.

À l’origine, pourquoi le mellah de Marrakech a t-il perdu son nom juif ?

Selon des informations que j’ai recueillies auprès de Jacky Kadosh, chef de la communauté israélite de la région de Marrakech, la décision d’arabiser ce quartier a été prise en 1989, par le conseil municipal de Marrakech. Ce dernier l’a rebaptisé « Essalam ». Il en a profité pour bannir toutes les appellations de ruelles portant les noms de rabbins, d’anciens commerçants juifs, celles tirées du Talmud, de la Torah…

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