Lu dans la presse
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Publié le 21 Juin 2017

#Monde - Mine à Mossoul : Bakhtiyar Haddad, le fixeur qui défiait la mort par amour de la vie, est mort à Mossoul

Journaliste et fixeur kurde d'Irak, il était aimanté par les lignes de front. Son humour et sa générosité y faisaient tomber toutes les barrières. Il a été tué lundi à Mossoul.
Bakhtiyar Haddad, 41 ans, est journaliste et fixeur. Il travaille depuis quatorze ans pour les reporters étrangers en déplacement en Irak. L'homme appartient à cette catégorie professionnelle dont on parle peu, ou alors à l'occasion d'un drame. D'ordinaire, c'est un invisible. Enfin presque. Pourtant, sans lui, la couverture par les médias français de la guerre contre l'État islamique (EI) en Irak ne serait pas ce qu'elle est.
 
Bakhtiyar Haddad a le goût des autres. Drôle et généreux, il déride aussi bien les miliciens obtus des innombrables check points qui barrent la route de Mossoul qu'un haut gradé de la Division dorée, l'unité d'élite de l'armée irakienne. Son rôle consiste à préparer les reportages grâce à son carnet d'adresses bien fourni. Il prend les rendez-vous, traduit en français les entretiens en kurde ou en arabe. Il connaît les routes et leurs raccourcis comme sa poche.
Souvent sans lui, le reporter n'aurait pas de bouche, pas d'oreilles, pas de boussole. Il collabore de préférence avec les chaînes françaises de télévision mais guide aussi des correspondants et des envoyés spéciaux de la presse écrite ou radio. Le Figaro, comme tant d'autres médias, a recours à ses services depuis 2006. Il est tout-terrain: il vous accompagne avec la même bonne humeur communicative sur une ligne de front que dans les arcanes du pouvoir kurde.
 
Il accompagnait une équipe d'Envoyé spécial de France 2 tragiquement touchée et Samuel Forey, du Figaro, sorti miraculeusement indemne de l'explosion. «Bakhtiyar défiait la mort parce qu'il aimait trop la vie. Elle a eu raison de lui. Je n'oublierai jamais son rire», dit de lui Patricia Allemonière, de TF1, dans une belle formule. Nos pensées vont à sa mère, Khadidja, qu'il adorait, et à ses proches. Il a été inhumé ce mardi à Erbil.
 
Publié dans Le Figaro le 20 juin 2017, lire l'intégralité ici
 
 

#Monde - Mossoul, terre de danger extrême pour les journalistes

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